• René Greindl, le gouverneur résistant assassiné à Buchenwald. (6)

     Avant-propos.

    En huit articles, nous nous permettons de publier textuellement, afin de préserver le sens que les intervenants ont voulu attribuer à leur témoignage, et par conséquent aussi, celui des rédacteurs des différents reportages qu'ils ont effectué à l'occasion du cinquantième anniversaire de la fin de la guerre.

    Les huit articles sont intitulés :

    1. J'ai échappé sept fois à la chambre à gaz.
    2. Ce retour dont René n'a pas gardé bon souvenir.
    3. Auschwitz-Birkenau : visite au champ d'horreur.
    4. À cinq ans, je me découvrais un deuxième père.
    5. Les cloches "volées" : une autre déportation.
    6. René GREINDL, le gouverneur résistant assassiné à Buchenwald.
    7. L'horreur de Buchenwald en quatre mille vers.
    8. Le prisonnier belge devenu chef du village allemand.

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    Après le guerre, Anne-Marie VISART de BOCARMÉ écrivait, pour un cercle restreint, deux ouvrages : Noël 1944 à Isle-la-Hesse et René GREINDL, mon mari. Les ayant découverts ? Omer MARCHAL a obtenu de la famille l'autorisation de les éditer, regroupés et avec des annexes.

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    Engagé à seize ans dans les rangs de l'armée belge alors qu'éclate la première guerre mondiale, le baron GREINDL est mobilisé à sa demande le 10 mai 1940. Après une carrière d'ingénieur qui le conduit dans des sucreries en Italie et en Roumanie, il achète le château d'Isle-la-Hesse, près de Bastogne, devient, grâce à sa maîtrise de la langue allemande, commissaire d'arrondissement à Saint-Vith puis à Bastogne.

    Cette connaissance de l'allemand lui permet un coup d'éclat lors de sa libération. Il quitte le camp en compagnie de deux cents Chasseurs Ardennais munis d'un faux laissez-passer.

    Il devient, le 17 août 1940, en l'absence du gouverneur Fernand van den CORPUT réfugié dans le Midi de la France, le gouverneur ad interim de la province de Luxembourg. A partir de 1941, il se heurte au nouveau secrétaire général du ministère de l'Intérieur, le nationaliste flamand Gérard ROMSÉE. Le gouverneur GREINDL est ouvertement accusé de saboter la production agricole du Luxembourg.

    Il devient également la cible des milieux rexistes et du journal Le Pays Réel qui le considèrent comme un trouble-fête empêchant des nominations partisanes au sein de l'administration.

    En mai 1942, René GREINDL informe ROMSÉE qu'il est démissionnaire dès l'instant où le Moniteur annoncera la nomination des députés permanents remplaçant ceux qui avaient été révoqués sous prétexte de l'âge. Dans un premier temps, l'occupant renonce devant la fermeté affichée par le gouverneur. Mais celui-ci est placé sous étroite surveillance policière alors qu'il manifeste de plus en plus fréquemment en public une attitude profondément hostile aux Allemands et à leurs collaborateurs belges. Finalement, il est démis de ses fonctions et interdit de séjour dans la province de Luxembourg.

    C'est ainsi que le 24 janvier 1944, en son absence d'Isle-la-Hesse, naît son treizième enfant, sa septième petite fille.

    Après la nomination du gouverneur rexiste DEWEZ en mai 1944, René GREINDL est autorisé à regagner la province de Luxembourg. Il prend une part active à la Résistance. Le 27 juillet, à 4 h du matin, la Gestapo cerne son habitation. Une perquisition permet l'arrestation d'un réfractaire et d'un jeune Juif caché depuis plus d'un an. Peu après, il entre dans la clandestinité rejoignant les maquis du nord-Luxembourg où se trouvent déjà deux de ses fils. Philippe et Réginald. En mission, il est arrêté à Soy, le 7 septembre 1944. Transféré à Cologne, il est déporté le 10 janvier 1945 au camp de concentration de Buchenwald où il trouve une mort tragique le 20 février 1945. Le baron GREINDL est assassiné par le kapo Ludwig GYMNICH au bloc G1 par une injection de cyanure.

    J.-M. T.

    (Article de J.-M. T. paru dans le journal "Vers l'Avenir" du lundi 8 mai 1995.)

    René Greindl, le gouverneur résistant assassiné à Buchenwald. (6)

    Photo extraite du journal "Vers l'Avenir" du lundi 8 mai 1995.

    Tragiquement mort à Buchenwald.

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    « Les cloches "volées" : une autre déportation. (5)L'horreur de Buchenwald en quatre mille vers. (7) »

  • Commentaires

    1
    Lisse
    Jeudi 10 Mai à 10:53

    Bonjour,

     

    Je viens de publier un livre sur le Père Leloir, il contient de larges pages sur la mort du Baron Greindl à Buchenwald. Voir le lien ci-dessous.

    Cordialement

    Fernand Lisse

     

     

     

    http://deschorre.net/FR/leloir.php

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