• " Héros légendaire tombé en plein ciel de gloire, après trois ans de lutte ardente. Restera le plus pur symbole des qualités de la race : ténacité indomptable, énergie farouche, courage sublime. Animé de la foi la plus inébranlable dans la victoire. Il lègue au soldat français un souvenir impérissable qui exaltera l'esprit de sacrifice et provoquera les plus nobles émulations".

    Cette citation à l'ordre de l'armée est l'une des nombreuses que suscita la Grande Guerre de 1914-1918. Pourtant, celle-ci, tous les Français - et surtout tous les gosses de France - en surent par cœur au moins la première phrase : c'est celle de Guynemer.

    D'autres héros sont morts : d'autres mourront encore, hélas !... Mais jamais ne s'effacera le souvenir de celui qui s'inscrit dans nos fastes à côté de nos plus pures figures : Roland, Bouyard, Du Guesclin... Il fut l'archange de la guerre à une époque où les duels de l'air, moins soumis à la brutale servitude des mécaniques, semblaient encore le prolongement des duels légendaires de l'âge chevaleresque.

    C'est que Guynemer est entré dans la légende comme un soldat cruel et doux, qui prit des vies, mais étonna la sienne. Et l'image qui restera de lui est celle d'un guerrier moderne : heaume de cuir et armure de fourrure, figure de vitrail, frêle, mince, tenant entre ses mains le feu du ciel.

    Il y a aujourd'hui vingt-six ans que nul ne l'a plus vu. On n'ose écrire : "Qu'il est mort". Car jamais personne ne le vit mort. Et ceux qui l'ont connu ne peuvent l'imaginer sans vie.

    Il décolla par un matin brumeux, le mardi 11 septembre 1917. Nerveux, il s'était éveillé après une mauvaise nuit. L'avion qu'il avait mis au point ne lui avait pas été livré. Avec une impatience d'enfant, il allait et venait, inspectant l'horizon. Puis, on lui amenait son avion, son cher Vieux-Charles, et, à 8 h 25, il s'envolait, accompagné du sous-lieutenant Boson-Verduras.

    Le voilà bientôt au-dessus de nos lignes, puis au-dessus de Foelcapelle, près d'Ypres. Là, un ennemi qui vole bas. Il l'a vu. Un geste à Boson et le combat commence. Attaque directe, entre le soleil et l'adversaire. Puis le soleil se voile, Guynemer plonge. L'Allemand manœuvre, Guynemer fonce droit, mais, pour la première fois, manque son tir. Boson-Verduras s'est écarté, aux prises avec d'autres adversaires. Lorsqu'il reviendra, l'espace sera vide, aucune trace ne sera trouvée sur le sol.

     * * * * *

    Longtemps la disparition de Guynemer resta mystérieuse. Il semblait avoir disparu dans les airs... Ce n'est que beaucoup plus tard qu'on sut que celui qui semblait invincible était tombé sous les coups d'un pilote alors loin d'avoir sa réputation, le lieutenant Kurt Wisseman, lequel servait dans l'escadrille du déjà fameux "as" allemand Hermann Goering...

    Quelque temps plus tard, le vainqueur de Guynemer devait à son tour succomber en combat devant René Fonck.

    Et ce n'est que bien plus tard encore que parvint la certitude absolue de la mort de Guynemer : sa carte d'identité de pilote fut adressée à M. Brun, directeur de la compagnie Farman, par le Dr Krauss, directeur de la Lufthansa, lequel l'avait reçue dans les conditions suivantes : lorsqu'en 1917 l'avion de Guynemer était tombé entre les lignes, un bombardement intense empêchait toute approche, mais un sous-officier allemand s'étant glissé jusqu'à lui parvint à prendre les papiers du capitaine. Il fut à ce moment impossible de dégager le corps, pulvérisé avec l'avion au cours du bombardement. Parmi ces papiers se trouvait la carte d'identité du pilote, qui fut adressée au commandant de l'escadrille de la 4e armée allemande. C'est entre les mains de celui-ci que la vit le Dr Krauss, lequel la renvoya à M. Brun.

    (Texte intégral extrait du journal "Le Petit Parisien" paru le samedi 11 et dimanche 12 septembre 1943).

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  •  À Nanteuil-le-Haudoin (Oise), le dimanche 11 septembre 1994, l'Association des Amis de Charles PÉGUY a organisé la commémoration de la mort du poète Charles PÉGUY à l'âge de 41 ans, tué héroïquement 8 décennies auparavant lors de la Bataille de la Marne.

    * * * * * *

    La Bataille de la Marne.

    Le 6 septembre 1914, la Bataille de la Marne débute pour la défense de Paris. La veille, le général MAUNOURY ordonne aux troupes françaises d'avancer en direction de Château-Thierry (Aisne) dans le but de bloquer l'armée allemande menaçant Paris. Le gouvernement s'en est déjà retiré.

    Le lendemain 7 septembre, la 19e Compagnie du 27e Régiment d'Infanterie est en contact avec l'ennemi. Charles PÉGUY, exempté du service actif en raison de son âge et de la paternité de quatre enfants, s'est engagé comme volontaire et fait partie de cette compagnie.

    Celle-ci s'est avancée jusqu'au sud de Senlis (Oise), soit à moins de 35 km de Paris, et se trouve bientôt sous le feu de l'artillerie ennemie.

    La première Bataille de la Marne est ainsi engagée.

    La situation est critique, dès le début des opérations, le commandant est tué. PÉGUY prend la relève et, sabre au clair, sans protection et à découvert, emmène ses hommes à l'assaut à travers un champ de blé, à la rencontre des Allemands. Quelques mètres sont à peine parcourus qu'une balle tirée en pleine tête le foudroie.

    La 6e Armée française fait fi des pertes encourues, poursuit son offensive et reprend Nanteuil-le-Haudouin ainsi que Betz abandonnées par les Allemands. Le 7 septembre, attaques et contre-attaques se succèdent. Les Français, bousculés, quittent Betz et se replient sur Nanteuil-le-Haudouin.

    Les "Taxis de la Marne.

    A Paris, la 14e Brigade, au nombre de 3.500 soldats, doit être envoyée au front par le général GALLIENI, gouverneur militaire de la capitale. Pour ce faire, il requiert le rassemblement de 1.100 taxis parisiens, les légendaires "Taxis de la Marne".

    Ce maigre apport d'homme a pour heureux effet de redonner force et courage aux troupes de Joffre qui, du coup, repartent à l'assaut, reprennent du terrain mais se trouvent à nouveau bloquées devant Betz.

    Les Français sont fourbus et démoralisés, ils se voient battus. Un silence anormal et impromptu s'installe progressivement sur la ligne tortueuse du front. Personne ne comprend cela.

    En réalité, les troupes allemandes de von KLUCK, de von BULOW et de leur commandant en chef Helmut von MOLTKE sont à bout de souffle, à tel point frappées par les pertes importantes subies, qu'elles rompent le combat.

    Sans le savoir, les Français, aidés dans leur combat par le Corps Expéditionnaire anglais du général FRENCH, sont victorieux.

    Imprudemment, von KLUCK s'est aventuré trop loin au sud-est de Paris, jusqu'à Coulommiers, qu'il se voit contraint de reculer. Entretemps, le front tenu par von BULOW est enfoncé par GALLIENI, alors que FRANCHET d'ESPEREY s'est faufilé entre les armées de von KLUCK et celles de von BULOW, tactique réduisant à néant leur jonction.

    Plus à l'est, FOCH bloque les renforts et l'approvisionnement allemands en Champagne.

    Les troupes belges repliées dans la position fortifiée d'Anvers, effectuent, du 9 au 12 septembre, une sortie fatale en hommes mais cependant utile, en fixant d'autres renforts ennemis en Belgique.

    Selon les éclaireurs, le 13 septembre 1914, les Allemands subissent leur premier échec depuis 1870, ils se sont repliés sur Soissons et se redéployent sur l'Aisne.

    La Bataille de la Marne est gagnée et la menace sur Paris annihilée.

    La guerre est loin d'être finie pour autant. Quatre années d'abominables combats, plus de huit millions de morts, dont un million et demi de Français, tel est le bilan à subir avant que l'armistice ne soit signé le 11 novembre 1918 à Compiègne (Oise), à 25 km de Nanteuil-le-Haudoin.

    Le 11 novembre 1918, un terme est mis à la "Grande Guerre" et l'Allemagne doit restituer à la France l'Alsace et la Lorraine.

    Le poète Charles Péguy tué à la Bataille de la Marne.

    Photo extraite du journal "Vers l'Avenir" du 6 septembre 1994.

    A droite, le lieutenant Charles PÉGUY, barbu et assis.

    (Photo prise lors de manœuvres en 1913).

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  • Entre l'entrée des troupes allemandes sur le territoire belge, le 4 août 1914 et la reddition des dernières positions fortifiées, le 10 octobre, on peut considérer que notre armée s'est battue autour de quatre points bien définis, qui sont Liège, Halten, Namur et Anvers.

    Liège.

    Le rôle de la place fortifiée de Liège a pour mission de bloquer l'invasion ennemie sitôt la frontière belgo-allemande franchie. Elle possède, répartie à parts égales sur chaque rive de la Meuse, douze forts servis par quatre régiments de forteresse, eux même renforcés par quatre unités d'infanterie classique. Tous ces hommes se trouvent sous les ordres du général LÉMAN.

    Les positions avancées de la fortification se trouvent en contact avec l'avant-garde ennemie, le jour même de l'invasion.

    L'essentielle de la journée du 5 août consiste en des missions de reconnaissance alors que les combats proprement dits débutent durant la nuit du 5 au 6 août.

    A Liège, le  matin du 6 août, une incroyable méprise survient. Les liégeois, croyant voir entrer dans leur ville les premiers soldats anglais, se mettent à les acclamer chaleureusement. En réalité, il s'agit d'un groupe de cavaliers allemands du 7e Bataillon des Chasseurs parvenu à percer jusqu'au quartier général de LÉMAN situé à la rue Sainte Foi. La garde du quartier général accueille ces téméraires par un feu nourri, tuant leur commandant, le major comte von ALVENSLEBEN. Le reste de la bande s'enfuit alors en toute hâte.

    Après l'échec allemand de cette épisode, le général LÉMAN juge bon de transférer son quartier général à même le fort de Loncin avec, comme conséquence, la rupture de ses communications jusque-là déjà quelque peu difficiles.

    L'infanterie de ligne supportant la pression d'un ennemi supérieur en nombre, commence à se replier sur la rive gauche de la Meuse, puis, se dirige vers l'Ouest, en direction de la Gette. Toutefois, les forts tiennent encore pendant une dizaine de jours, non nonobstant le pilonnage continu qu'ils subissent par une puissante artillerie de siège ennemie.

    Le 15 août, un coup direct réduit à néant le fort de Lonçin, ceux de Flémalle et d'Hollogne tombent le lendemain.

    La ligne de défense liégeoise n'existe plus.

    Halen.

    C'est dans le Limbourg qu'a lieu le deuxième affrontement belgo-allemand et plus précisément à Halen.

    La principale unité mobile de l'armée belge, la Division de Cavalerie, comprend deux brigades et un bataillon de carabiniers-cyclistes.

    Le 12 août, ces éléments bloquent momentanément une très importante force de cavalerie allemande qui tente de déborder les positions belges par le Nord. Les Allemands commettent une erreur tactique en lançant des charges de cavalerie massives alors que les cavaliers belges mettent pied à terre et ripostent au moyen de carabines, mitrailleuses et pièces d'artillerie plutôt que par des charges sabre au clair et lance en pointe. A l'issue des combats, les soldats belges ont la grande satisfaction de constater que sur le champ de bataille, parmi les morts, figure une multitude de "casques argentés" appartenant à des officiers allemands. C'est d'ailleurs pourquoi le combat de Halen est surnommé la "Bataille des Casques d'Argent".

    Namur.

    Le 20 août 1914, la place fortifiée de Liège est disparue, les Allemands s'en prennent alors aux forts de Namur qu'ils bombardent copieusement par leur artillerie devenue de plus en plus impressionnante.

    Après leur victoire de Liège, les Allemands déplacent toutes leurs pièces lourdes vers Namur entourée de neuf forts. Ils y ajoutent quatre batteries de mortiers autrichiens de calibre 305 auxquels aucune structure protégeant nos forts ne peut résister. En plus, ces mortiers ont une portée supérieure à celle des canons belges. Dès lors, il est impossible de les combattre !

    Le commandement des forces agressives allemandes est le général von GALLIWITZ. Celui-ci concentre tous ses efforts sur le front nord-est, s'intéressant principalement aux forts de Cognelée, de Marchovelette et de Maizeret.

    Le 23 août, à 14 heures, le dernier des trois forts tombe et l'ennemi s'engouffre dans le cœur de la position fortifiée namuroise. Deux jours plus tard tout est consommé, la place de Namur est aux mains des Allemands.

    Anvers.

    Anvers a la réputation d'être la plus puissante place forte de Belgique, après Liège et Namur-Bruxelles.

    Trois lignes d'ouvrages fortifiés vétustes et incomplets entourent Anvers. Cet aspect vieillot et peu adapté à une place forte résulte du fait qu'elle avait été considérée, en cas de besoin, comme étant le réduit national destiné à la protection du Roi, du gouvernement et de l'armée. C'est aussi en ces lieux qu'étaient entreposés les stocks de vivres et de munitions des forces armées belges.

    Du 25 au 26 août, a lieu une première sortie des unités  réfugiées à Anvers en vue de fixer temporairement en territoire belge, le 9e Corps de Réserve allemand prévu pour le futur front français. Hélas, le succès de cette sortie n'est éclatant.

    Dans les annales de l'armée belge, la célébrité du caporal TRÉZIGNIES résulte de cette épisode de combat. Ainsi, le caporal TRÉZIGNIES tente de franchir à la nage le canal de Willebroeck en vue de manœuvrer le tablier d'un pont à partir de la rive opposée tenue par les Allemands. Bien que parvenu au mécanisme, il y est abattu.

    Une seconde sortie a lieu du 9 au 12 septembre avec un  double but.

    D'abord, refouler sensiblement l'ennemi et, en second plan, retenir sur le territoire des unités dont les Allemands, déjà engagés sur la Marne, avaient un cruel besoin.

    Alors que les forces ennemies renforcent progressivement leur étreinte d'Anvers, le maréchal JOFFRE sollicite du Roi l'ordre de procéder à une troisième sortie. Le Roi acquiesce mais l'ordre est suspendu car l'action comporte trop de risques face à un adversaire renforcé.

    Le 28 septembre, les Allemands entament le bombardement des forts anversois. Il ne fallut pas plus de quatre jours pour que nombre d'entre eux soient hors de combat. Le 3 octobre, le gouvernement et le corps diplomatique quittent Anvers pour Ostende.

    Durant la nuit du 6 au 7 octobre, le gros des forces belges cantonnées à Anvers, menacé d'un encerclement,  effectue un repli vers la côte.

    Le 10 octobre, la capitulation de la place fortifiée d'Anvers est acceptée par le général WERBROUCK. Heureusement, les meilleures unités restantes de l'armée belge réussissent à échapper à la capture par une fuite anticipée. La destinée de ce reste de l'armée belge est de pouvoir affronter l'ennemi sur les bords de l'Yser et le figer là-bas pour le reste de la Grande Guerre.

    (D'après un reportage paru dans le journal "Vers l'Avenir" du mercredi 3 août 1994.

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    Les combats livrés par les Belges du 4 août au 10 octobre 1914.

    Les combats livrés par les Belges du 4 août au 10 octobre 1914.

    Les deux documents ci-avant nous ont été prêtés par Jocelyne.

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  • Sarajevo, le point de départ.

    Tout commence le 28 juin 1914 dans une ville de Bosnie, Sarajevo, située  dans la province sud de l'empire austro-hongrois.

    L'archiduc François-Ferdinand, héritier de la couronne d'Autriche, se trouve à Sarajevo lorsqu'il est assassiné par un étudiant serbe prétendu manipulé par les services secrets du royaume de Serbie.

    A ce moment, les relations entre les grandes puissances européennes sont réparties en deux blocs, d'une part, l'Entente France-Russie-Royaume-Uni, d'autre part, celle des Allemagne et Autriche-Hongrie. Pour des motifs nombreux et variés, la discorde ne cesse d'augmenter en ce sens que la France s'obstine à vouloir récupérer l'Alsace-Lorraine, territoire cédé à l'Empire allemand en application du Traité de Francfort du 10 mai 1871 après la défaite française.

    La situation se dégrade vraiment à partir du 23 juillet 1914 suite à l'ultimatum de l'Autriche-Hongrie remis à la Serbie dont une des clauses prévoit le droit de participer, en Serbie même, à l’enquête sur l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand. Le 28 juillet, en conséquence de cause, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie.

    Un engrenage parfaitement huilé se met alors en mouvement. Dès le 29 juillet, la Russie mobilise son armée et concentre des troupes, non seulement le long de la frontière de l'empire austro-hongrois, mais aussi face à celle du Reich allemand. Par réflexe, l'Allemagne mobilise aussi ses troupes.

    Dès le 1er août 1914, la cause est entendue, la Belgique se trouve visée inéluctablement par la guerre et son envahissement conformément au plan d'action allemand, dit "Plan Schlieffen", applicable en cas de guerre.

    Du point de vue géographique, l'Allemagne se trouve coincée entre la France et la Russie et craint d'être attaquée sur ses deux frontières à la fois risquant du fait même de ne pouvoir résister à un double assaut cumulé, français et russe.

    Devant une telle situation, l'Allemagne décide de jouer un énorme coup de poker militaire. En cas de guerre, l'armée allemande, plutôt que de faire face à deux adversaires à la fois, se porterait massivement contre un seul des deux adversaires, c'est à dire le plus petit, la France. L'autre adversaire serait laissé derrière un simple rideau de troupes. Sitôt la France vaincue, une rapide volteface de son armée vers l'Est s'occuperait de la Russie, sans laisser à celle-ci suffisamment de temps pour pénétrer en profondeur dans le territoire allemand.

    La neutralité belge violée.

    Il va de soi que pour s'en prendre d'une façon rapide à l'armée française et la déborder sur son aile gauche, celle du Reich doit nécessairement passer par le territoire belge, avec ou sans l'autorisation de ses dirigeants.

    Alors que l'Allemagne est déjà entrée en guerre contre la Russie, le 2 août 1914, à 19 heures, ses troupes envahissent le Luxembourg. L'ambassadeur d'Allemagne à Bruxelles remet un ultimatum au gouvernement belge sollicitant le libre passage des troupes du Reich par son territoire.

    Le soir même, l'ultimatum est rejeté et l'armée belge, déjà mobilisée depuis le 1er août, est mise en alerte.

    Le 4 août à 8 heures, les premiers éléments de l'armée allemande franchissent la frontière à Gemmenich. La place fortifiée de Liège est sous le feu de l'ennemi dès la nuit du 5 au 6 août.

    Au matin de ce 6 août, le général LEMAN, commandant de la place fortifiée, ordonne aux troupes d'appoint de se retirer et lui-même reste dans les forts avec ses hommes spécialisés.

    Après avoir laissé derrière eux un minimum de soldats chargés de parfaire le siège, les Allemands poursuivent leur invasion vers le sud de la France tout en lançant une pointe offensive vers Bruxelles qui tombe sans combats et ensuite vers Anvers.

    La Belgique est précipitée dans ce qui s'appellera "La Grande Guerre" , car elle durera quatre ans.

    Antoine FONCK, le premier soldat belge tué.

    La matinée du mardi 4 août 1914, aux environs de 11 heures, un cavalier belge, milicien de la classe 1911 appartenant au 2e Régiment de Lanciers du nom d'Antoine FONCK, accomplit sa mission de patrouille à l'est de la position fortifiée de Liège.

    Au lieu-dit "La Croix Polinard" proche du village de Thimister, il aperçoit soudain un groupe de hussards allemands coiffés du colback (bonnet de fourrure d'origine turque) et portant le sabre sur le côté.

    Le cavalier quitte sa monture, s'en écarte de quelques pas, prend la position du tireur, un genou au sol, épaule son fusil et fait feu en direction des hussards. Il se relève en vitesse, monte en selle et s'enfuit vers les lignes belges. A peine a-t'il parcouru quelque deux cents mètres qu'une salve de coups de feu abat son cheval. Il se dégage du cadavre de sa monture et fuit en profitant du moindre abri. Hélas, une deuxième salve allemande a raison de sa vie.

    Le cavalier FONCK vient d'inscrire son nom au martyrologe de l'Histoire comme étant le premier soldat belge tombé sous les balles allemandes au cours de la "Grande Guerre".

    A Liège, une caserne a porté son nom.

    La guerre 1914-1918 terminée, un certain mythe se répand dans la région liégeoise, puis dans le pays tout entier, à propos de l'héroïsme du cavalier FONCK, au point de devenir quasiment une légende.

    Il se devait que la jeunesse, par le truchement d'une histoire romancée, sache que l'acte posé par ce soldat était un modèle d'abnégation et de courage.

    Il existait à Liège, au Val-des-Écoliers", une caserne appelée "Caserne des Écoliers" où le cavalier FONCK a séjourné alors qu'il était militaire volontaire.

    Après les hostilités, la caserne fut rebaptisée "Caserne FONCK" en mémoire au héros, mais aujourd'hui, elle n'existe plus.

    (D'après un reportage paru dans le journal "Vers l'Avenir" du mercredi 3 août 1994).

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    La Belgique envahie par les Allemands en 1914.

    Document prêté par Jocelyne.

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    Document prêté par Jocelyne.

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  • Avec la mort de Guillaume II, le dernier des empereurs allemands, le monde perd, à l'âge de 82 ans, l'homme dont le nom était, pendant la dernière guerre, le point de mire de la haine des alliés. Son caractère et ses actes ont été une énigme pour les historiens. Tous se sont demandés si le Kaiser était complètement responsable des évènements qui ont amené la dernière guerre, ou s'il était un instrument faible dans les mains d'autres hommes et le jouet de ces évènements.

    Certains disent qu'il souffrait d'un complexe d'infériorité dû à un accident de naissance qui lui rendait impossible l'usage de son bras gauche.

    Appelé au trône à l'âge de 29 ans, on dit que le jeune Kaiser décida de transformer la monarchie en autocratie absolue.

    A Doorn, l'ex-Kaiser menait une vie combinant celle d'un gentilhomme campagnard et celle d'un souverain. Il coupait du bois et lisait beaucoup, ou encore passait des heures à écrire ses mémoires. Il surveillait avec attention le développement du nazisme en Allemagne.

    (Texte intégral extrait du journal "Le Courrier d'Afrique" paru le mardi 10 juin 1941.)

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