• Sous la signature de F. et PH. JACQUET-LADRIER, "le Guetteur wallon" publie un article très documenté sur les débuts du téléphone à Namur, dans les années 1886-1896.

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    Au début de 1886, les journaux locaux annonçaient à leurs lecteurs la possibilité de se relier au nouveau réseau.

    Pour les utilisateurs habitant dans un rayon de trois kilomètres du bureau central, le prix de l'abonnement s'élevait à 125 F l'an (à titre comparatif, la boite de sardines valait alors 2 F et le kilo de sucre 1,50 F). Le service ne fonctionna d'abord que le jour, de 7 à 21 h. Dès mars 1886, il devint aussi accessible la nuit et fut connecté aux réseaux de Charleroi et de Bruxelles.

    En juin, apparaissaient, dans le Guide général des correspondants téléphoniques en Belgique, les noms des 56 usagers namurois, tous citadins, à exceptions près : 7 abonnés à Saint-Servais, un à Bouge, un à Saint-Marc et un à Jambes.

    Les banquiers, les industriels et les négociants composaient la majorité de la clientèle. La police, la gendarmerie, les pompiers, l'hôpital, les journaux, n'étaient pas encore raccordés, pas plus que l'évêque, les curés, le président du tribunal ou les pharmaciens ! Un seul médecin possédait un appareil. On en trouvait aussi à la gare, et, forcément, au bureau de la compagnie, 56, rue des Fossés, dirigé par le namurois Justin LEGROS.

    Les postes téléphoniques servaient aussi à la transmission de télégrammes. En cette matière, Namur était encore un peu à la traîne : en juin 1886, le trafic de dépêches ne représentait que 3,5% de l'ensemble du pays.

    En parcourant les annonces publicitaires parues dans la presse en 1887 et 1888, on constate que fort peu de réclames signalaient l'existence d'une "correspondance téléphonique" chez l'annonceur, et même que les numéros d'appel n'étaient jamais indiqués ! C'était à l'opérateur qu'il incombait de mettre en liaison deux correspondants, au seul énoncé du nom de l'appelé.

    Le cap des 200 abonnés ne fut dépassé qu'en 1890, et, à ce moment, toutes les professions se trouvèrent représentées. En 1896, l'État racheta les installations implantées par les compagnies privées, ce qui entraîna la disparition de la Société des téléphones de Zurich, créatrice du réseau namurois.

    Vers 1914, on dénombrait un millier d'abonnés. Les pylônes n'étaient pas très jolis, mais faisaient partie du paysage familier de la ville.

    M. GT.

    (Article signé M. GT. paru dans le journal "Vers l'Avenir" du samedi 3 et dimanche 4 février 1996.)

    Les débuts du téléphone à Namur.

    Photo extraite du journal "Vers l'Avenir" du samedi 3 et dimanche 4 février 1996.

    Un poste mural des années 1900.

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  • On ne promena point le bœuf gras hier, à travers les rues de Paris. Et pour cause.

    Peut-être, en tue-t-on un ou deux dans quelque abattoir clandestin - car, en cette époque de grande pénitence, les meilleures traditions ne se perpétuent guère qu'au marché noir - mais à la Villette, hélas ! On n'occis plus que des vaches squelettiques.

    Ce fut donc un jour comme les autres. Tout au moins sur le plan alimentaire. Tables dégarnies, assiettes vides. Certains débrouillards, toutefois, réussirent à faire des crêpes.

    Avec ou sans œufs. Plutôt sans...

    Quant aux masques, on n'en vit pas beaucoup sur les boulevards. Les Parisiens, qui pataugeaient dans la neige fondue, cherchèrent vainement, dans la foule, Colombines et Pierrots. Ceux-ci semblaient s'être déguisés en courants d'air...

    Il y eut pourtant, le soir, des bals costumés où les couples se trémoussèrent jusqu'à l'aube.

    La jeunesse française, malgré tout, ne perd aucune occasion de danser.

    Même, au besoin, devant le buffet.

    Roger SALARDENNE.

    (Texte extrait du journal "Le Parisien libéré" paru le mercredi 6 mars 1946).

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  • Mais Mardi-Gras est mort, comme aussi Carnaval qu'il terminait.

    Il n'y a plus guère que les enfants qui continuent à s'affubler de masques. Les grandes personnes se trouvant peut-être assez grotesques sans cela ...

    Il n'y a pas si longtemps qu'on promenait encore le Bœuf Gras dans Paris. Les bouchers et les blanchisseuses lui faisaient alors un cortège triomphal, car (on ne sait pourquoi), ce furent les corporations qui restèrent le plus longtemps fidèles aux traditions.

    Carnaval, c'était le temps où tout le monde avait la bougeotte. C'était le temps où les humbles devenaient puissants, et pour cela se déguisaient.

    On escortait les processions : à Paris, le Renard et le Bœuf Gras ; à Reims, le Hareng (en ce temps-là le hareng était encore un mets de carême)... Dans le Midi, on promenait la Tarasque et le Pailin ; à Rouen la Gargouille, à Poitiers la Grand'-Goube.

    Il y avait des royautés éphémères : le roi des Ribauds, le pape Gai, chef des fous d'Avallon, et la Mère-Folle de Dijon dont l' "Infanterie Dijonnaise" ne comprenait pas moins de 500 personnes, et n'y entrait pas qui voulait : Il fallait montrer sa folie ...

    Tout nouvel admis devait alors prêter ce serment : "Je jure de toujours tenir le verre en main et de ne faire la guerre qu'aux levrauts, aux pots et au bon vin."

    Preuve qu'alors le Carnaval n'était pas aussi fou qu'on voudrait nous le faire croire...

    Y. D.

    (Texte extrait du journal "L' Œuvre" paru le mardi 22 février 1944).

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  • DINS L' FARMACERÎYE DO BON DIÈ... LI CHICORÈYE.

    On l' veut flori tos costés. On l' lome : dint do liyon - salade do tchin - salade do fougnant - courone do nawe... C' è-st-one ièrbéye d'one grande valeûr èt bon martchi ; portant on l' prind sovint por one mwaîje ièbe. Ele convint po sognî lès maladîyes do fwè ou d'l'amér. On mougne en salade, lès tinrès fouyes coudûwes divant lès fleûrs ; lès burtons quand i gn-a dès fleûrs èt lès rècinéyes au prétimps ou bin à l'arière-saîson. Mawyî cinq à chîs brostons tos lès quinze djoûs soladje li fwè èt l' maladîye di suke. On pout fé trimper lès fleûrs dins totes sôtes d' ingrédyints po fé do sirop po l'gôje ; èt lès rècinéyes sièv'nut ossi po fé do té pô dwârmu. On ètind sovint dîre : "Nos irans mougnî lès chicoréyes pa lès rècinéyes !". Maîs fuchoz paujères, ça sèrè l' pus taurd possibe !

    Pa Lèyon LAVIS (Ciney).

    (Extrait de la revue "Li Chwès" de juin 2014.)

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    Traduction en français par Jean et Hélène.

    DANS LA PHARMACIE DU BON DIEU...LE PISSENLIT.

    On le voit fleurir tout côté. On l'appelle : dent de lion - salade du chien - salade de la taupe - couronne du paresseux... C'est une plante médicinale d'une grande valeur et bon marché ; pourtant elle est souvent prise pour une mauvaise herbe. Elle soigne les maladies du foie ou de la vésicule. On mange en salade les feuilles tendres cueillies avant les fleurs ; les tiges quand elles sont fleuries et les racines au printemps ou à l'arrière-saison. Mâcher cinq à six moignons tous les quinze jours soulage le foie et le diabète. On peut faire tremper les fleurs dans toutes sortes d'ingrédients pour faire du sirop pour la gorge ; et les racines servent aussi pour réaliser de la tisane pour dormir. On entend souvent dire : "Nous irons manger les chicorées par les racines !". Mais soyez rassurés,  ce sera le plus tard possible.

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  • Le merveilleux site du Tombeau du Géant se love dans une boucle décrite par un large méandre boisé de la Semois, entre Bouillon et Rochehaut.

    Certains diront que son appellation découle de la forme allongée du mamelon prenant l'aspect d'un tombeau, d'autres feront allusions à une légende dont nous parlerons ci-après.

    Si un jour l'envie vous prend de visité ce lieu, alors, faites comme Victor HUGO qui s'y rendait volontiers. À reculons, depuis le Moulin du Rivage, il gravissait la colline jusqu'au château afin ne rien perdre de la beauté du vaste site de sept cents hectares s'étendant à ses pieds.

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    L'origine du château de Botassart.

    Le château, construit au XVIIIe siècle par les seigneurs de Lamock, ressemblait davantage à une ferme protégée par un toit tombant jusqu'au sol, de quoi résister aux intempéries et desservie par de vastes écuries et remises. Cette physionomie de la bâtisse dénote une volonté de la rendre plutôt pratique que jolie, mais avec le temps, une tourelle lui a été accolée et un parc s'est inscrit tout autour.

    Aujourd'hui, c'est à partir de la terrasse du château que l'on peut le mieux s'émerveiller du spectacle plongeant sur la Semois et le Tombeau du Géant, une image remarquable, émouvante et silencieuse.

    Les musées.

    Botassart possède trois musées dédiés à la vie des bûcherons, des lavandières et des artisans de naguère.

    En outre, dans le domaine historique, il est possible de visiter les ruines de Liresse et du château le Duc.

    À l'Abbaye de Cordemois, l'on découvre vieux moulins, églises et chapelles ainsi qu'un vénérable four banal du XVe siècle. Il est aussi possible de flâner dans le jardin des plantes sauvages et l'arboretum.

    La légende du Tombeau du Géant de Botassart.

    Laissons au poète Marcel LEROY le soin de conter cette émouvante légende.

    Un Trévire au service de Boduognat, venait de la Sambre où les Nerves avaient été taillés en pièces. C'était un rescapé parmi les cinq cents dont la mort n'a pas voulu. Il marchait pendant des jours, s'arrêtant dans les villages morts, à la recherche d'un peu d'hydromel, fouillant de son épée les restes calcinés des bourgs jadis plaqués dans la clairière.

    Parfois, d'une hutte restée debout, sortait un vieillard, les mains tremblantes levées vers le ciel, demandait : D'où viens-tu l'homme ? Le géant baissait la tête pour dire : "De là !..."

    "Là", c'était la Sambre, la fille de Meuse qui avait vu tomber les plus forts guerriers des Gaules. Et l'homme n'achevait pas. Il s'en allait, les épaules basses sous la peau de biche qu'une courroie serrait aux reins.

    Parfois, le géant traversait un village que la fureur des Méridionaux avait épargné. Alors, il s'arrêtait pour boire un bol de lait et manger une galette cuite sur la cendre. Il s'arrêtait aussi pour dormir. Alors, l'entouraient des estropiés que l'invasion avait meurtris et des adolescents aux yeux bleus.

    "D'où viens-tu ?..."

    "De là..."

    Et il racontait encore. Il racontait toujours et son corps en dormant tremblait comme la feuille sous un vent d'orage.

    Mais le géant n'alla pas plus loin. Il voulut fuir, mais bien vite, il se rendit compte que c'était inutile. Arrivé au bord de la vallée, il enleva la courroie qui lui serrait les reins et en fit un lacet. On entendit crier un bouleau qui ploya dans un frisson terrible. Le centurion était sur lui. D'un coup d'épée, il trancha le cuir et, dans les rochers, descendit le géant mort.

    On retrouva le lendemain son grand corps accroché à un buisson. Des adolescents lui creusèrent sa tombe, dans la terre, on le mit. C'est là qu'il repose toujours sous des chênes, dans la boucle merveilleuse de la Semois appelé depuis "Le Tombeau du Géant".

    (D'après des textes signés J.-L. HN. parus dans le journal "Vers l'Avenir" du jeudi 23 mars 1995.)

    Le Tombeau du Géant à Botassart

    Photo extraite du journal "Vers l'Avenir" du jeudi 23 mars 1995.

    Le Tombeau du Géant, ceinturé par la Semois, forme un site extraordinaire façonné par la nature.

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