• La grande chevauchée des troupes alliées vers la Belgique.

    À peine les troupes alliées ont-elles mis le pied sur les plages normandes, qu'elles se trouvent quelque peu ralenties par le bocage. Par la suite, l'allure s'accélère, Américains et Anglais foncent parallèlement aux trousses des armées de la "Blitzkrieg", les premiers, par la droite en direction du Rhin et du cœur de l'Allemagne, les seconds, vers Anvers.

    Il est prévu pour le 2 septembre 1944, une importante opération aéroportée avec parachutages entre Douai et Tournai, dans le but d'ouvrir les routes et de tenir les ponts au profit de la 2e Armée Britannique qui a pour mission de se diriger vers Gand et Anvers. Cette opération est finalement annulée, et pour cause, elle est devenue superflue car les premiers détachements alliés sont parvenus, sans grands combats, au-delà de Douai et même de la frontière franco-belge.

    Officiellement, le contingent des parachutistes de "Lynnet 1" est ainsi resté en Angleterre en raison de mauvaises conditions météorologiques.

    Le général BRADLEY modifie sa stratégie en ordonnant à la 1re Armée US du général HODGES d'infléchir sa progression plutôt vers le Nord que le Nord-Est afin d'empêcher les groupuscules de l'armée allemande en débandades de se regrouper pour entraver la progression alliée vers les ports.

    Il en résulte que le 19e Corps US du major-général Charles Harrison CORLETT, alias "Cowboy Pete", se dirige vers la Belgique et que la 2e Division Blindée US "Hell on Wheels" est la première à fouler le sol de nos villages frontaliers, en commençant par celui de Rumes, chaleureusement acclamée par la population aux cris de "Vive les Anglais".

    Pour continuer...il faut du carburant !

    Selon l'ouvrage de l'écrivain Maurice DELAMME, des bruits courent qu'une certaine zizanie existe entre Américains et Anglais au sujet de leur approvisionnement en carburant. La pénurie est le résultat d'une progression trop rapide des troupes.

    Les Américains prennent la décision de se diriger au plus tôt sur Tournai pour disposer des réserves prévues pour l'opération "Lynnet", dès lors celle-ci devient inutile.

    Il faut savoir que les besoins journaliers atteignent 3.000.000 de litres alors que l'arrivage de Normandie, la seule voie d'acheminement portuaire, n'est que de 1.400.000 litres. De plus, les dépôts saisis à l'ennemi ne contiennent que du carburant de mauvaise qualité inutilisable, car trop pauvre en octane.

    Il faut, à tous prix, ouvrir une voie d’accès sur les ports maritimes du Nord puisque ceux de la côte française ont été contournés. D'ailleurs, la libération de Dunkerque n'a lieu qu'en mai 1945.

    Les Anglais retrouvent les Américains de la 1re Armée du général HOODGE en manque de carburant, à Tournai, dans la soirée du 3 septembre. Les chefs s'étant concertés, ils partent alors s'approvisionner au Nord de Paris.

    Les Américains arrivés la veille, remettent au lendemain le nettoyage de la ville de Tournai, érigent des barrages et aménagent des bivouacs dans la région.

    Le 3 septembre, le 823e bataillon de chars US et les résistants belges se font accrochés par les Allemands à Ere et Saint-Maur. Le bilan de cette confrontation est de 2 morts, de nombreux blessés et de 91 prisonniers du côté allemand.

    Maurice DELAMME rapporte un article du journal de la 2e Division Blindée US : "Les patrouilles du 82e Bataillon de Reconnaissance traversèrent la frontière belge à Rumes, sur la route Orchies-Tournai, vers 9h30".

    C'est sur la Chaussée de Douai, devenue Chaussée Montgomery, que la Résistance fait jonction avec le premier Américain, en l’occurrence, un motocycliste venant d'entrer par le Pont sur l'Elnon, au Bas-Préau, à la Glanerie. Le motocycliste, apparemment surpris de voir un drapeau rouge, jaune et noir, et non rouge, blanc et bleu, fait demi-tour pour aller faire rapport de sa découverte à ses chefs. Mais il y a un autre gag moins connu qu'est celui du motard de la Brigade Piron, un Namurois celui-là, qui entre dans Rumes en éclaireur par erreur car il croit se trouver sur le territoire de Rongy.

    Les évènements se succédaient avec une extrême rapidité que l'avancée de la délivrance rendait impossible toute planification, ce n'était pas chose facile, les cartes routières manquaient, les poteaux indicateurs avaient été enlevés pour perturber les troupes allemandes en retraite.

    (D'après un reportage signé M. L. paru dans le journal "Vers l'Avenir du vendredi 2 septembre 1994.)

    La grande chevauchée des troupes alliées en Belgique.

    Photo extraite du journal "Vers l'Avenir" du vendredi 2 septembre 1994.

    Une jeep de l'Armée Américaine traverse la frontière à Rumes.

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