• La crèche, théologie du cœur.

    La grotte, l'âne et le bœuf, les bergers, les rois mages : décor et personnages datent des premiers temps de l'Église. Tous, pourtant, ne se trouvent pas dans le Nouveau Testament.

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    Une grotte ou une étable abritant une mangeoire : le décor est planté. La Vierge, saint Joseph, l'Enfant Jésus, l'âne et le bœuf, les anges, les bergers et leurs moutons, et enfin les rois mages : voilà pour les personnages.

    Dans les églises, au coin des rues, dans les vitrines des magasins et bien sûr dans les foyers, la crèche est omniprésente au temps de Noël. Elle donne sa dimension nettement familiale à cette fête, même quand celle-ci est largement déchristianisée.

    Des détails venus des "évangiles cachés".

    Mais d'où viennent les éléments de cette tradition ? Deux seulement des quatre évangiles évoquent la naissance de Jésus. Et encore, Matthieu ne signale ni crèche ni bergers, tandis que Luc ignore les mages et leurs cadeaux. Et aucun d'eux ne parle de la grotte, de l'âne ou du bœuf. Quant aux "mages" de Matthieu, il n'est pas question d'en faire des "rois", encore moins de préciser leur nombre ou leurs noms.

    En fait, tous ces détails ne nous sont transmis que par des textes connus sous le nom d'évangiles apocryphes (mot qui signifie "cachés"). Ils donnent une abondance de détails sur la vie de Jésus en accordant une large place au merveilleux. Certains sont très anciens. Le Protévangile de Jacques, dans lequel apparaissent l'âne et la grotte, n'a pas été rédigé plus d'un demi-siècle après l'évangile de saint Jean. Quant au bœuf, il n'est signalé que par le Pseudo-Matthieu, au VI siècle.

    L'Église, qui ne les a pas admis dans le Nouveau Testament, a manifesté de tout temps une grande méfiance vis-à-vis de ces "évangiles". Mais parallèlement, elle a incorporé dans sa tradition bon nombre d'éléments en provenance des apocryphes. Ainsi, les parents de la Vierge, sainte Anne  et saint Joachim, inconnus du Nouveau Testament, mais dont la vie est racontée par le Protévangile de Jacques, ont leur fête au calendrier. Et l'art religieux a largement puisé son inspiration dans ces écrits.

    Des mystères aux crèches vivantes.

    Au Moyen Âge, on voit la crèche apparaître comme décor des "mystères", ces drames liturgiques joués devant les églises et dont le récit de la naissance de Jésus était un des sujets de prédilection. Au XVIIe siècle, les mystères, devenus spectacles profanes - voire même bouffons, sont interdits. Resteront, à l'intérieur ou au porche des églises, les représentations de la Nativité : la crèche, telle qu'on la connaît aujourd'hui, était née. Mais c'est à la fin du XVIIIe siècle et surtout au XIXe, avec les techniques de reproduction en série et à bon marché, que les crèches sont sorties des lieux de culte, pour se multiplier dans tous les foyers. Quant aux crèches vivantes, la première est peut-être celle mise sur pied par Saint François d'Assise à Grecchio, à la Noël 1223. Encore que si la messe de minuit était célébrée sur une mangeoire emplie de paille, en présence d'un âne et d'un bœuf, ni l'Enfant Jésus, ni ses parents, n'étaient représentés.

    La crèche, aujourd'hui, n'est pas seulement un élément privilégié du folklore des "fêtes de fin d'année". Si elle a toujours sa place dans les églises, c'est sans doute aussi que, parlant à cette part d'enfance qui est en chacun de nous, elle nous rend plus proche du cœur la foi en l'Incarnation.

    Olivier GOFFINET.

    (Texte d'Olivier GOFFINET paru dans le journal "Vers l'Avenir" du samedi 23, dimanche 24 et lundi 25 décembre 1995).

    La crèche, théologie du cœur.

    Photo extraite du journal "Vers l'Avenir" du samedi 23, dimanche 24 et lundi 25 décembre 1995.

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