• 10. ECONOMIE RURALE.

     

    Les plantes ci-après seulement sont cultivées à Bioul.

    Le froment d'été - 10 ha.08.

    L'épeautre - 5 ha.35.

    Le méteil - 0 ha.50.

    L'escourgeon - 8 ha.17.

    L'orge d'été - 4 ha.45.

    La féverole - 3 ha.75.

    Le lin - 5 ha.25.

    La chicorée à café - 0 ha.52.

    La betterave à sucre - 0 ha.37.

    La carotte - 0 ha.40.

    Le trèfle incarnat - 3 ha.

    Le trèfle violet - 24 ha.51.

    Autres trèfles - 20 ha.11.

    La luzerne - 7 ha.05.

    Le sainfoin - 7 ha.08.

    Mélanges fourragers (prairies) - 450 ha.32.

    Renseignements fournis par les agents recenceurs agricoles en 1930.  

     

    Cultures intensives.

    a. de légumes - néant.

    b. de petits fruits - néant.

    c. sous verres - Trois habitants possèdent chacun une serre, dans lesquelles y poussent quelques vignes.

    Une dizaine a des châssis pour obtenir des salades hâtives et quelques plantes à repiquer.

    d. l'importance des serres est de 210 m2, celles des chassis de 450 m2.

    e. Il n'y a pas de centre d'écoulement des produits.

     

    Frais de production pour les récoltes suivantes.

     Pour le froment : 1 ha. (1929 - 1930).

    1. fumure :

    - 2me coupe évaluée (1 quart de 800 fr.) = 200. 

    - 800 kg. de basique à 38 fr. = 304.

    - 100 kg. de sulfate d'ammoniaque à 168 fr. = 168.

    - 200 kg. de chlorure de potasse à 95 fr. = 190.

    - 100 kg. de nitrate de soude à 160 fr. = 160.

    Total 1022 fr.

    2. labourage et préparation de la terre , plus semis :

    - 5 journées à 2 chevaux = 400 fr.

    3. graines et sulfatage :

    - 170 kg. à 160 fr. = 272 fr.

    4. récolte :

    - 6 kg. de corde à 9 fr. = 54.

    - 2 journées à 2 chevaux = 160.

    - 5 journées d'homme à 50 fr. = 250.

    Total 464 fr.

    5. battage à la machine 377 fr.

    Total général 2535 fr.

     

    Remarque : D'après mes calculs faits pour trouver le prix de revient de l'heure de travail du cheval, j'estime qu'ici la journée de 2 chevaux revient au fermier à 80 fr.

    Pour être complet dans ce travail je devrais encore ajouter le prix de location et le montant de différents frais (assurance, impôts divers, amortissement du matériel, etc.) Cette observation peut-être prise en considération pour les deux autres études qui vont suivre. La culture du houblon est tout à fait nulle à Bioul, celle du lin est minime c'est pour cette raison que je ne les étudierai pas.

     

    Pour les betteraves

    1. fumure

    - Transport, chargement, épandage,

    - 500 kg. de superphosphate à 40 fr = 200.

    - 400 kg. de sulfate d'ammoniaque à 168 fr = 672.

    - 300 kg. de nitrate de soude à 160 fr. = 450.

    - 250 kg. de chlorure de potasse à 95 fr. = 238.

    Total : 1990 fr.

    2. labourage, préparation de la terre et plantation : 4 jours à 2 chevaux = 320.

    3. semis des engrais : 3 jours à 50 fr. = 150.

    4. graines : 17 kg. à 18 fr. = 306.

    5. binage : 3 jours à 1 cheval = 120.

    6. mise en place et arrachage, (par les ouvriers flamands) = 600.

    7. transport et ensilage :

    - 2 jours à 2 chevaux = 160.

    - 6 jours d'hommes à 40 fr. = 400.

    Total général 3886 fr.

     

    Pour les pommes de terre :

    1. fumure :

    - transport, chargement, épandage = 400.

    - 100 kg. de sulfate d'ammoniaque = 168.

    - 300 kg. de chlorure de potasse à 95 fr.= 285.

    Total : 853 fr.  

    2. labourage et préparation de la terre - 4 jours à 2 chevaux = 320.

    3. plantation :

    - 2 jours à 1 cheval = 80.

    - 6 jours de femmes = 180.

    Total : 260 fr. 

    4. plants - 14 sacs à 60 fr. = 840.

    5. binage, hersage, buttage : 2 jours à 1 cheval = 80.

    6. arrachage :

    - 15 jours de femme à 30 fr. = 450.

    - 3 jours à 1 cheval = 120.

    Total : 570.

    Total général : 2923 fr. 

     

    Prix d'achat des pommes de terre suivant la qualité de la terre :

    En 1910 :

    - terres médiocres  - minimum 600 fr. - maximum 1600 fr

    - bonnes terres - minimum 3500 fr. - maximum 5000 fr.

    En 1920 :

    - terres médiocres - minimum 3000 fr. - maximum 5000 fr.

    - bonnes terres - minimum 8000 fr. - maximum 12000 fr.

    Actuellement un grand ralentissement s'est produit dans cette spéculation. Depuis plus d'un an on n'en a plus vendu et à ce moment les terres de qualité moyenne valaient de 15000 à 20000 fr. l'ha.

     

     En 1910, les terres de qualité inférieures étaient louées de 30 à 40 fr. l'ha. ; les autres allaient de 80 et même 100 fr.

    En 1920, on les louait de 200 à 450 fr.

    Depuis ces dernières années, beaucoup de propriétaires, escomptant une hausse des céréales, ont voulu louer en se basant sur le prix des marchandises produites à la ferme. Ils louaient ordinairement pour la valeur de 300 à 600 kg. de froment à l'ha. et ils exigeaient du locataire le paiement de toute contribution.

     

    Si la valeur vénale des terrains a augmenté, il fut très logique que le prix de location ait suivi la marche ascensionnelle.

    La baisse du franc fut à la base de l'augmentation de la valeur vénale en 1919. N'oublions pas que les produits de la ferme ont été vendu 6, 7 voir même 10 fois plus cher depuis lors ; en conséquence ils ont laissé des bénéfices plantureux aux producteurs et tout le monde a voulu cultiver. De ce fait il y eut pénurie de terrains, les amateurs furent nombreux et les propriétaires très exigeants.

    Cet ensemble de circonstances a provoqué une ère apparente de prospérité chez la gent agricole et a permis une hausse ininterrompue de la valeur des propriétés, ceci jusqu'en 1928.

    On a vendu cette année une parcelle de terrain à 154 fr. la verge (423 verges de Bioul à l'ha.) ce qui faisait à 75.000 fr. l'ha.

    Je connais aussi des terrains qui sont loués pour une valeur de 600 kg. de froment à l'ha., ce qui faisait en 1928 à plus de 1700 fr. 

     

    Il y a tendance à morceler davantage les terres dans la petite culture et ceci depuis toujours, à cause surtout des partages du patrimoine paternel.

    J'ai aussi constaté que plusieurs cultivateurs s'associent parfois pour l'achat d'une terre de quelques hectares puis ils la partagent par la suite ; ceci a eu lieu surtout lors de le vente d'une partie des propriétés du R.P.MORETUS-PLANTIN, il possédait anciennement la plus grande partie de la commune.

    L'association soit disant "juive", aida aussi beaucoup au morcellement des grandes propriétés, ce qui fut un bien-être pour la majorité des cultivateurs de Bioul qui purent ainsi devenir propriétaires de quelques lopins de terre. Sans cette association il y a beaucoup de chances que les masses soient retournées à quelque grand propriétaire terrien.

    Chez nous M. VAXELAIRE, de Bruxelles et M. le prince de MERODE visent continuellement aux réunions parcellaires par voie d'échange et d'achat. La question de chasse est surtout à la base de ces échanges.

    Les cultivateurs ignorent certainement la loi du 17 juin 1887 réduisant les droits d'enregistrement et de la transcription, mais ne l'ignoreraient-ils pas qu'ils ne feraient rien ou presque rien pour produire ces réunions. Ordinairement ils occupent le patrimoine ancestral et souvent à aucun prix ils ne voudraient le céder, maintenant chez d'autres ce serait l'égoïsme qui dominerait.

     

    Nombre de fermes dans la commune :

    de plus de 100 ha. - 0

    de 75 à 100 ha. - 2

    de 50 à 75 ha. - 1

    de 25 à 50 ha. - 4

    de 10 à 25 ha. - 16

    de - de 10 ha. - 151

    de - de 1 ha. - 270

    Renseignements fournis par les agents recenseurs agricoles.

     

    Comme nous nous n'avons que deux grandes fermes à Bioul (76 ha.) je me bornerai à dire que pour celle-ci les cultures ne sont pas dispersées.

    Le corps de logis se trouve à peu près au centre des terres. (voir à ce sujet le croquis du plan terrier de cette ferme, 6e partie).

     

    Inventaire du grand matériel.

    a) ferme importante, 72 ha., cultivée par M. Constant DEMARCIN.

    b) ferme moyenne, de 26 ha. 70 cultivée par M. Léon CLAUSE.

    - moteur électrique, 4 hp. - a) 1 - b) 1

    - charrues simples, a) 2 - b) 1 

    - charrues doubles Brabant, a) 3 - b) 1 

    - extirpateurs, a) 2 - b) 1

    - herses, a) 2 - b) 2

    - rouleaux, a) 3 - b) 1

    - tracteur automobile, a) 1 - b) 0

    - distributeur mécanique d'engrais, a) 1 - b) 0

    - semoirs mécaniques, a) 1 - b) 1

    - houe à cheval, a) 1 - b) 0

    - faucheuses, a) 2 - b) 1

    - faneuse, a) 1 - b) 0

    - moissonneuses-lieuses, a) 1 - b) 1

    - tarares, a) 1 - b) 1

    - trieur de grains, a) 1 - b) 0

    - trieur de pommes de terre, a) 1 - b) 0

    - coupe-racines, a) 1 - b) 1

    - hache-paille, a) 1 - b) 0

    - moulins et concasseurs de grains, a) 1 - b) 1

    - bascule à bétail, a) 1 - b) 0

    - pompes à purin, a)1 - b) 1

    - écrémeuses, a) 1 - b) 1

    - barattes a) 1 - b) 1

    - charrettes, chariots, tombereaux, a) 5 - b) 3.

     

    Parmi les moyens employés par les cultivateurs pour s'attacher la main-d'œuvre à la ferme, le principal et l'unique je dirais c'est celui qui assure à l'ouvrier temporaire la jouissance des chevaux et du matériel du fermier pour cultiver ses quelques parcelles de terrain. En dehors de celui-là je n'en vois pas d'autres.

    Comme nous n'avons plus chez nous de vrais travailleurs agricoles, rien n'est à faire pour améliorer leur situation.

    Salaires (argent et avantages en nature) du personnel.

    1. habitant à la ferme, le domestique tout comme le vacher touche 450 fr. par mois, plus la nourriture et le logement. De plus ils reçoivent assez souvent des pourboires lors de la vente des animaux dont ils ont la garde.

    La servante reçoit la nourriture et le logement et touche environ 350 fr. par mois.

    2. Le personnel saisonnier est payé à raison de 5 fr. environ l'heure.

    Les équipes d'ouvriers flamands venant travailler lors de la mise en place et de l'arrachage des betteraves touchent une somme de 600 fr. à l'ha., plus la nourriture et le logement.

    Je m'empresse d'ajouter que vu la crise qui sévit actuellement les précités ont déjà vu leurs salaires diminués.

     

    Dans la commune de Bioul, il n'y a ni marché hebdomadaire, ni marché de fruits et légumes, ni de foire annuelle.

     

    Malgré les difficultés du moment, les cultivateurs tenaces veulent quand même vivre et gagner le pain de leur famille. Dans ce but ils ont suivi le mouvement social et cherché dans l'union un remède efficace. Obligés de fournir leurs produits à un prix minimum, ils sentent la nécessité de groupement et ils l'ont réalisé sous forme de syndicats ou d'unions professionnelles.

    Leur section s'étaient affiliées anciennement à la ligue d'Ermeton, cette dernière étant rattachée au Boerenbond, ils ont donc passé automatiquement à cette ligue.

    Il y a deux ans l'Alliance de Namur est venue scinder notre belle association, qui comprenait à cette époque 70 membres. Elle offrait des avantages très alléchants mais hélas, qui ne furent que feu de paille.

    Actuellement le syndicat n'est plus composé que de quelques membres tenaces, comme je les appelle.

    La "Ligue d'Ermeton" ayant eu à sa tête l'ancien instituteur de Bioul, fit merveille chez nous, elle fournissait aux membres des marchandises de toute première qualité et à bon compte ; elle procurait aussi l'instruction agricole à ses membres au moyen de conférences et d'un journal hebdomadaire d'un abonnement obligatoire.

    La section de Bioul a réellement fait boule de neige, mais malheureusement le soleil est venu et ses chauds rayons l'ont presqu'anéantie.

     

    Après l'ère de prospérité que nous venons de connaître, il en est résulté une crise qui pèse très lourdement sur l'ensemble de la population.

    Pour y mettre fin, le concours de tous est indispensable. C'est une erreur de croire que les Pouvoirs Publics peuvent solutionner la crise. Ils ont, certes, leur rôle à remplir, et ils n'y failliront pas, mais le salut n'est possible qu'au prix des efforts unis de tous.

    C'est essentiellement en produisant plus ; et nous devrions ajouter en consommant moins, c'est-à-dire en économisant. Sans doute notre population, et la classe rurale en particulier, ne s'est pas fait faute de se remettre courageusement à la besogne au lendemain même de l'armistice et le monde entier l'a admirée une fois de plus. Nonobstant, la crise est revenue, il faut donc redoubler d'efforts en travaillant encore plus et encore mieux, c'est-à-dire en produisant toujours plus rationnellement.

    Elles ne sont plus nombreuses les améliorations à introduire dans ce domaine, elles sont simplement à vulgariser. Nous ne songeons pas à les examiner toutes ; celles qui sont d'une application relativement facile et qui sont susceptibles de donner des résultats appréciables et immédiats seront seules retenues ici. Il y en a trois à savoir :

    1. L'emploi de semences améliorées ;

    2. La fumure plus rationnelle des terres ;

    3. L'observation plus stricte des principes de l'hygiène végétale.

    Par l'action systématique combinée de ces facteurs : sélection, alimentation, hygiène ; on doit arriver infailliblement à augmenter de façon très notable les rendements des cultures, but primordial des efforts. Or, le moment d'agir est arrivé : les besoins du pays sont grands et les prix des denrées agricoles sont diminués. D'autre part, le cultivateur ne manque pas des ressources financières nécessaires à l'acquisition de semences, d'engrais et de matériel agricole.

    A côté des améliorations citées ci-dessus, le fumier d'étable a incontestablement joué un rôle considérable dans l'augmentation graduelle des rendements. Nous appelons sur ce point la plus sérieuse attention des agriculteurs dont quelques-uns continuent à traiter le fumier avec une négligence inexcusable. Ils font perdre ainsi des millions à l'agriculteur à un moment de disette générale. En vue d'y porter remède, le Département de l'Agriculture a examiné la possibilité d'accorder des encouragements aux cultivateurs qui feraient preuve d'initiative à cet endroit.

    Il est un autre facteur dont l'influence sur les rendements n'est pas moins grande que celle due à la valeur des semences ou à l'intensité des fumures : nous visons les soins à donner aux cultures avant et pendant leur croissance. N'est-ce pas à force de soins que des petits cultivateurs arrivent à faire produire à leurs terres, sans le concours d'aucun engrais chimique et avec une variété toute ordinaire, des récoltes qui peuvent parfois rivaliser avec celles des plus grands et des meilleurs fermiers ?

    Il est essentiel d'insister sur ce point, car l'absence de soins suffisants peut tenir en échec le succès des récoltes et faire perdre au cultivateur le bénéfice des sacrifices consentis par lui. Au point de vue de l'hygiène végétale, deux conditions sont a réunir : il faut procurer à la plante cultivée une station saine et lui assurer un accès largement suffisant des éléments naturels favorables ; en d'autres termes, il faut ne cultiver que dans un sol bien conditionné et dans une position où accèdent librement l'air, la lumière et la chaleur, pour provoquer le complet développement de l'appareil aérien et son fonctionnement régulier et intensif. C'est ce que la plupart de nos cultivateurs ne mettent pas encore en pratique. Ils n'assurent pas toujours aux plantes le maximum d'air, de lumière et de chaleur.

    Certaines pratiques, nouvelles ou anciennes, visant à avantager l'action des agents naturels, méritent d'être recommandées ici. Ce sont notamment : les semis précoces, les semis clairs, les semis en lignes, le sarclage, le buttage et le binage.

    On a chez nous une tendance à ne pas semer assez clair, il en résulte que les plantes ne tallent pas suffisamment et se gênent dans leur croissance.

    Le semis en lignes devrait-être plus connu, il permet le binage et éventuellement, le buttage mécanique. C'est l'avenir cela dit-on. Le sarclage est une mesure d'hygiène et de protection des récoltes. Hautement apprécié jadis, le sarclage est tombé malheureusement en désuétude dans la grande culture parce que la main-d'œuvre fait de plus en plus défaut. La pratique du binage ne s'étend pas non plus à la culture des céréales. Il faut espérer que la vogue du semis en lignes lui vaudra de se généraliser rapidement.

    J'estime qu'il est encore une autre amélioration qui n'est pas toujours négligeable, c'est la plantation d'arbres fruitiers et de peupliers dans les terrains qui s'y prêtent.

     

    Les associations rendent de grands services à Bioul, elles pourraient cependant faire davantage encore, soit en achetant des machines d'un usage peu fréquent, comme le pulvérisateur pour céréales et pommes de terre et en les mettant à la disposition de ses membres moyennant redevance. Jetons en partie aussi la pierre aux cultivateurs qui ne comprennent pas toujours le grand bien de l'esprit d'association.

    Quand aux pouvoirs publics ils pourraient aussi à mon humble avis remanier les tarifs des douanes et des transports pour que les produits agricoles jouissent ici des mêmes avantages que les matières premières de nos grandes industries. Ils pourraient aussi réorganiser des concours agricoles et des expositions pour que la petite culture puisse en profiter davantage.

    Voilà à mon avis les principales améliorations agricoles qu'il serait urgent d'introduire dans notre commune.

     

    F I N. 

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  • 9. EMBELLISSEMENT DE LA VIE RURALE.

    Peu de chose est faite à Bioul pour améliorer la vie sociale,

    1. Une bibliothèque existait, mais depuis quelques années elle est tombée en désuétude, je m'empresse d'ajouter que la lecture n'intéresse pas beaucoup les habitants, le jeu de cartes a beaucoup plus d'attraits que la lecture instructive pendant les longues soirées d'hiver.

    2. La T.S.F. est loin d'être prisée à sa juste valeur. Seuls le docteur, le commandant de gendarmerie et un commerçant ont un appareil.

    3. Les conférences surtout agricoles et horticoles ne font pas défaut. Les secondes sont encore bien suivies quant aux autres, elles sont si nombreuses et souvent si peu au niveau des auditeurs, que ceux-ci les désertent comme par enchantement.

    4. Les expositions sont très rares. Il y a eut celle de la société "La Centrale Electrique d'Auvelais" qui est venue exposer tout son matériel et ses machines utilisées à la ferme. Ce fut certainement une exposition pratique et intéressante car elle donna des notions bien claires sur le fonctionnement des dites machines et elle en montra les multiples avantages.

    5. La commune de Bioul ne dispose pas d'un appareil de projections, mais ordinairement les conférenciers viennent avec leurs appareils, ce qui leur permet de rendre leurs conférences un peu plus attrayantes et par conséquent, mieux comprises.

    Ce qu'on devrait faire.

    Ce qu'il manque à Bioul, c'est une belle salle de fêtes. Il y a certainement incurie à ce sujet, soit de la part du clergé, ou de l'administration communale qui pourrait doter la commune d'un beau local de réunion. Ce dernier existe, il n'y aurait que quelques transformations à y apporter, il appartient à un particulier qui le cèderait volontiers à un des deux organismes cités ci-dessus.

    Quand aux conférences, un grand pas est encore à faire à ce sujet. Je le répète, elles ne sont pas toujours suffisamment intéressantes, les conférenciers oublient trop souvent qu'ils s'adressent à un auditoire très peu cultivé intellectuellement.

    Il reste encore la bibliothèque qui devrait être rouverte et surtout dirigée par une personne compétente et adroite qui saurait guider la population vers cette source de documentation et de saines distractions.

     

    Les constructions subissent des transformations appréciables depuis ces dernières années, beaucoup de façades ont été embellies par l'application de revêtements en ciment.

    L'intérieur aussi a été revu chez la plupart, il est plus confortable et plus propre.

    Les environs des maisons ont également été modifiés pour enjoliver la situation. Les jardins eux sont encore à arranger pour en arriver à pouvoir y faire une culture rationnelle.

    Nous avons connu en 1930, lors des manifestations des fêtes du centenaire, une décoration à profusion des maisons et des rues, ce fut un succès sans précédent à Bioul.

    Les habitants de Bioul ne s'adonnent pas à la décoration florale, rares sont les fenêtres qui sont garnies de fleurs, ce serait cependant une petite coutume à introduire dans la maison paysanne. 

    Les dimanches et jours de fêtes, la jeunesse agricole a comme divertissement : le jeu de cartes l'hiver et le jeu de balle l'été.

    A la bonne saison ce sont encore les sorties en vélo qui priment. Aux kermesses et aux fêtes occasionnelles, il n'y a rien de spécial à signaler.

     

    A Bioul, il n'y a ni sites, ni monuments intéressants, ni ruines.

     

    A vrai dire, aucune pratique superstitieuse qui va à l'encontre de la science agricole et qui mérite d'être combattue, n'existe à Bioul. A titre documentaire, je vais en citer quelques unes sans importance :

    Les vieilles personnes vous diront :

    "Il faut planter les pois entre la nouvelle et la pleine lune pour qu'ils fleurissent toujours".

    "Il faut semer les choux à la Saint Joseph pour qu'ils ne soient pas attaqués des pucerons".

    "Il faut semer les oignons à la Saint Grégoire".

    "Il faut planter les haricots à la Saint Didier, pour en avoir par milliers".

    Je m'empresse d'ajouter que toutes ces pratiques superstitieuses sont méconnues de la jeunesse et qu'elles disparaissent.

    On peut dire que la commune de Bioul est complètement électrifiée. Il reste cependant le hameau de "Mossiat" qui ne reçoit pas le courant ; parce qu'il est trop éloigné du village. Les frais d'installation eussent été trop élevés pour le peu de profits qu'eussent pu en retirer les quelques habitants.

    Nos habitants profitent des innombrables bienfaits de l'électricité. La population rurale apprécie même beaucoup l'application de l'électricité à la ferme, elle sait que cette force constitue un des moyens les plus sûrs d'améliorer les conditions d'existence et d'accroître le revenu.

    Il y a actuellement à Bioul environ 210 fers à repasser électriques, plus de 60 machines à laver, une trentaine de moteurs, des machines à scier le bois, le tout fonctionnant à l'électricité.

    Je suis persuadé que quand la "Centrale Electrique d'Auvelais" livrera à meilleur marché le courant destiné au chauffage, les installations se multiplieront encore pour la plus grande prospérité de notre population rurale.

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  • 8. EDUCATION.

     

    "On ne peut pas donner ce que l'on n'a pas", dit un proverbe. J'estime que les habitants de Bioul ne sont pas en grand nombre préparés pour donner une bonne éducation familiale complète, à leurs enfants au point de vue : physique, intellectuel, moral et social.

    Tout d'abord les futurs parents devraient se mettre au courant de leur métier d'éducateurs. On a été jusqu'ici partout illogique sous ce rapport.

    Il est bien vrai que les enfants passant leur vie au milieu de leur famille, tout en se livrant à la profession agricole ; les exercices pratiques se font à pied d'œuvre et ils sont donnés avec une habileté agricole telle, qu'ils rendent les jeunes cultivateurs capables de gérer une exploitation rurale avec une certaine maîtrise.

    Si la pratique est acquise le reste laisse beaucoup à désirer. C'est peut-être au point de vue social que les cultivateurs inculquent les meilleures notions.

    Le campagnard, grand propriétaire, modeste exploitant ou simple ouvrier agricole, qui a assuré par son travail et son économie le bonheur de sa famille peut se rendre le témoignage d'avoir contribué au bonheur de la société, de la grande famille qu'est la patrie belge. Les uns et les autres ont en effet contribué à former de bonnes ménagères, dont le cœur et le caractère recevront la forte empreinte des sentiments de l'honneur et du devoir. Les enfants comme le mari ; habitués à trouver chez eux le bien-être, le bonheur sont moins tentés de courir aux distractions malsaines du dehors, aux longues séances devant les comptoirs des cabarets. Les enfants ont appris, dès leur jeunesse à l'école maternelle les qualités d'ordre, d'économie et de travail qui feront d'eux de bons citoyens.

    L'éducation donnée par les parents laisse à désirer :

    1. au point de vue physique, parce qu'ils n'ont pas beaucoup de notions de savoir-vivre et très peu de règles d'hygiène et d'alimentation. Comment les mères sauraient-elles que la propreté la plus exquise est indispensable pour tout ce qui touche le lait nécessaire au bébé ? Qu'elles doivent se préoccuper davantage de l'alimentation des enfants depuis leur naissance jusqu'à l'âge adulte ? etc, etc,, si on ne leur a pas enseigner.

    2. au point de vue intellectuel, il faut bien l'avouer le cultivateur de Bioul à qui on reconnaît volontiers beaucoup de qualités n'a pas jusqu'ici reçu une instruction professionnelle suffisante, dans ce cas il se trouve bien souvent dans l'impossibilité de donner à ses enfants une instruction plus relevée et mieux comprise. Si la maîtresse du logis ignore la manière de préparer les repas, d'en varier la composition, de les servir d'une façon convenable, de se créer un intérieur agréable, de tenir la comptabilité de son ménage, de soigner la basse-cour, de raccommoder les vêtements, etc., comment inculquera-t-elle ces notions à ses enfants ?

    3. au point de vue moral, parce qu'ils n'exercent plus avec sévérité l'autorité de jadis, on croirait que le grand garçon fier d'un rien de jeune froment aux lèvres veut s'affranchir de la tutelle paternelle. L'émancipation va vite aujourd'hui bien trop vite, nous le déplorons, mais c'est un fait. Comment voudriez-vous qu'il en fut autrement ? qui a enseigné à ces braves parents à former le caractère de leurs enfants. Ils admettent théoriquement qu'ils ont le devoir d'inculquer à leurs enfants des habitudes d'obéissance, de volonté, de sincérité, etc. . Mais il ne suffit pas de dire à l'enfant : "Il faut vouloir" ; il importe de lui faire accomplir des exercices qui forment la volonté. Ici on peut dire aussi que les parents ont encore des faiblesses, ils amollissent trop leurs enfants par des gâteries exagérées. Si le bon exemple n'était pas là l'éducation serait désastreuse, heureusement qu'à ce point de vue nous avons les anciens.

    4. au point de vue social,

    Comme je l'ai déjà dit il n'y a pas trop lieu de se plaindre à ce dernier point de vue, car c'est chez le cultivateur que l'on voit surtout régner la paix et l'ordre et partant le bonheur.

    On pourrait remédier à cet état de chose en créant des "cercles de ménagères", la "goutte de lait", la "consultation des nourrissons", les  "concours agricoles", les"concours horticoles" et l'"enseignement ménager".

    Les "concours agricoles" constituent un excellent moyen d'introduire les idées des progrès dans les différentes branches du domaine spécial de la ménagère. L'enseignement ménager forme les dernières ramifications pour instruire toutes les classes et tous les individus de la société féminine agricole. Les causeries peuvent donner d'utiles indications aux intéressées qui complèteront à l'occasion leurs connaissances par la lecture des auteurs qui leur auront été renseignés. Madame de JANKOWSKA n'a-t-elle pas dit que le plus grand des maux à la campagne est l'insuffisance de la préparation de la jeune fille à son rôle d'éducatrice. Il faut donc porter remède à cet inconvénient, cause du niveau trop peu élevé de la famille rurale, de la société rurale, de la production économique. Les écoles ménagères qui doivent indiquer la voie du progrès doivent donc être des premières à donner l'exemple.

    De tout temps aussi les concours horticoles ont été fructueux en résultats parce qu'ils stimulaient l'émulation.

    Que les pouvoirs publics organisent donc des concours de jardins, de basse-cour, de laiterie, d'économie domestique, des expositions de tout ce qui peut contribuer au progrès d'une meilleure hygiène et des œuvres relatives au bien-être de l'enfance.

    Voilà un bien beau programme à réaliser, sans doute ce travail n'est pas l'œuvre d'un jour.

    Un syndicat poursuit aussi l'instruction agricole de ses affiliés au moyen de conférences et d'un journal hebdomadaire d'abonnement obligatoire.

    Enfin on remédiera grandement à tout cet état de choses par le cours d'agriculture postscolaire qui viendra normalement couronner l'enseignement général bien orienté. 

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  • 7. INSTRUCTION.

    Les cultivateurs veillent à la bonne fréquentation scolaire de leurs enfants, mais je crois plutôt que c'est pour éviter les remontrances de la Justice de Paix que dans un but plus élevé. Il est bien vrai que la main-d'œuvre étant rare, les services que pourraient leur rendre leurs enfants viendraient parfois bien à point.

    Je le répète la fréquentation est très bonne à Bioul ; durant le mois de janvier 1930 sur 72 élèves inscrits, 42 absences non motivées furent enregistrées et aucune dénonciation ne fut faite.

    Il n'est pas inutile de rappeler ici que l'école primaire est le fondement de l'enseignement professionnel agricole et que celui-ci ne portera tous ses fruits qu'à la condition que celle-là atteigne le but qui lui est assigné dans les communes rurales. Or ce but est d'initier le plus grand nombre d'enfants aux connaissances capables de leur inspirer l'amour de la vie des champs, le désir de ne point la changer contre celle de la ville ou de l'usine ; de les pénétrer de cette vérité que le métier d'agriculteur est le plus indépendant et le plus rémunérateur pour des praticiens laborieux, intelligents et instruits.

    L'instruction à Bioul a une tendance agricole suffisante et il y a lieu de s'en réjouir, étant donné qu'à la campagne la grande majorité des élèves se destinent à l'agriculture et ne font que des études primaires.

    Ici tout converge vers l'enseignement agricole puisque nous sommes dans un milieu agricole et que notre enseignement doit être basé sur l'observation. Toutes les leçons sont adaptées aux circonstances de lieu et de temps, il s'agit bien entendu des leçons d'agriculture. On y apprend le pourquoi des opérations culturales, avec l'explication des phénomènes qui les accompagne, on fait connaître les conditions essentielles du développement des végétaux cultivés, on fait comprendre aussi la raison d'être des travaux habituels de la culture et celle des règles d'hygiène de l'homme et des animaux domestiques.

    Les jardins d'écoles illustrent l'enseignement des principes rationnels de la culture des légumes, des fruits et des fleurs.

    Les champs d'expérience deviennent des buts d'excursions scolaires.

    Ce qu'on s'efforce surtout d'inculquer aux enfants au cours des dites leçons, c'est de faire aimer la vie des champs et de les convaincre que la culture et l'élevage rationnels ne sont possibles que grâce à l'enseignement primaire complété par un bon enseignement postscolaire agricole tel qu'il en existe un.

    Nul doute qu'un tel esprit présidant à la formation de l'enfant ne lui donnera l'amour du beau paysage natal, la fierté du rude et noble métier de laboureur, l'idée du travail et le grand désir de s'y préparer dans les écoles complémentaires.

    Les cultivateurs apprécient suffisamment l'enseignement professionnel agricole pour leurs enfants car les progrès réalisés par la culture et l'élevage rationnels ne les laissent plus sceptiques et les plus incrédules finissent par se convaincre de l'utilité de l'instruction.

    Leurs enfants ne fréquentent pas encore assez les établissements d'enseignement agricole en général, parce qu'ils ne les connaissent pas encore bien.

    Au cours de ces dernières années six cultivateurs seulement ont suivi les cours de mécaniques agricoles établis à Dinant et à Mettet. C'est certainement insuffisant, j'ai cependant la conviction que ce n'est pas faute de bonne volonté, mais il faudrait un courant qui les y attire.

    A la campagne, on s'était peu préoccupé de l'avenir professionnel du cultivateur. Et quand l'initiative privée, aidée des pouvoirs publics, se tourna vers les agriculteurs, ouvrit des écoles pour jeunes gens et pour jeunes filles, elle ne rencontra pas tout l'empressement qu'elle attendait. C'est comme je l'ai dit ce qui se passa et se passe encore à Bioul. C'est que le cultivateur habitué à recevoir de la nature, moyennant une somme d'efforts à peu près toujours la même, une grande partie des choses nécessaires à l'existence, ne comprenait pas l'utilité de ces écoles auxquelles on le conviait d'envoyer ses enfants. C'était perdre un temps précieux. Dans sa conception de la vie utilitaire et pratique, s'il avait des enfants c'était pour l'aider dans son exploitation et pour cela le bagage rudimentaire des connaissances emportées de l'école primaire était suffisant. Heureusement un grand changement est en train de s'opérer. Le plus modeste fermier aujourd'hui cherche à connaître les lois de la fertilisation, de l'emploi des engrais qu'il avait d'abord accueillis avec son scepticisme traditionnel ; ainsi les agriculteurs en général se rendent compte que la terre, "la grande nourricière des peuples" demande à être travaillée plus scientifiquement ; qu'une exploitation agricole, pour être productive, doit être dirigée avec des procédés nouveaux déterminés par l'étude des sciences agricoles.

    Cela étant, la conclusion découle claire et inéluctable ; l'enseignement professionnel s'impose d'urgence dans tous les cercles ruraux.

    C'est ce qui est fait à Bioul et nombreux en sont les adeptes. En 1930, il y avait 28 inscriptions au cours agricole postscolaire.

    Les fermières n'apprécient pas toujours suffisamment l'importance de l'enseignement agricole pour leurs filles. Elles sont encore du bon vieux temps ou l'on trouvait que vaquer aux soins du ménage et savoir préparer un potage tel quel était bien suffisant.

    L'enseignement ménager surtout n'a pas encore conquis droit de cité au sein des familles rurales, il n'a pas encore forcé les dernières hésitations.

    Bioul fut favorisé il y a 7 ans de la visite d'une école ménagère ambulante. On ne demandait des parents qu'un sacrifice de leurs filles durant 4 mois et quelques heures seulement par jour, et bien pour une commune de 1760 habitants, l'empressement qu'on montré les jeunes filles à fréqenter ces cours ne fut pas brillant puisque 6 seulement terminèrent ces cours.

    Ceci est un fait probant et regrettable que les fermières se désintéressent beaucoup de l'enseignement agricole de leurs filles. Cependant la femme doit être la collaboratrice du cultivateur dans son exploitation agricole mais il faut qu'elle soit une collaboratrice éclairée, avertie du progrès et elle-même au courant de tous les travaux de la ferme. L'école ménagère agricole aurait pu en grande partie lui donner cette formation professionnelle indispensable.

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  • 6. LOGEMENT DU CULTIVATEUR - ALIMENTATION - HYGIENE.

    Il serait injuste de ne pas mentionner ici les progrès réalisés depuis 20 ans dans l'habitation du cultivateur.

    Bien des chaumières incommodes se sont transformées en demeures coquettes conçues avec tous les soucis du confort et de l'hygiène.

    On y voit de grandes fenêtres, les locaux ne manquent plus d'espace ni de lumière. La plupart jouissent d'un confort tout à fait moderne, le mobilier est de bon gout et plus que suffisant.

    Les cultivateurs de Bioul ont reconnu la nécessité de suppléer à la pénurie de la main-d'œuvre par l'emploi généralisé de l'énergie électrique ce qui constitue un des moyens les plus sûrs d'améliorer les conditions de leur existence. Ils possèdent une série de machines électriques de ménage : lessiveuse, fer à repasser, écrémeuse, etc...

    Chez eux tout respire le bien-être et l'aisance.

    On peut dire aussi que la propreté a fait un grand pas, les portes donnant accès de la cuisine à l'étable ont totalement disparu et ce n'est pas mince au point de vue de l'hygiène.

    La petite exploitation n'emploie pas d'ouvrier, la famille suffit aux travaux de sa culture et de son élevage.

    Chez certain on engage cependant aux époques difficiles, un ouvrier temporaire, une femme souvent.

    Ordinairement les familles s'unissent et travaillent en commun. La grande culture compte comme ouvriers permanents, un vacher qui s'occupe du bétail et un domestique qui exécute les travaux champêtres. A ce dernier on adjoint un ou deux ouvriers carriers pour la moisson. L'outillage tout à fait moderne de nos fermiers permet de réduire considérablement la main-d'œuvre.

    Pour le travail des betteraves la grande culture emploie des ouvriers flamands, ils viennent deux fois par an en mai et en octobre.

    Depuis l'époque des gains élevés la main-d'œuvre indigène est plutôt rare, la femme escomptant la forte journée du mari juge souvent bon de rester chez elle.

    Il n'y a donc plus d'ouvrier agricole, si l'ouvrier des carrières consent à aller travailler à la ferme durant quelques jours c'est par complaisance ou pour jouir de l'usage des animaux et des instruments du fermier.

     Les environs de la maison du cultivateur sont bien soignés surtout depuis les dernières instructions survenues il y a quelque temps, obligeant les agriculteurs à entourer leurs fosses à fumier d'un mur, empêchant le suintement du purin sur la voie et ceci au grand dam de la salubrité publique.

    L'aisance dans laquelle se trouve la plupart des fermiers, leur a permis bien des modifications.

    Les haies en aubépine sont remplacées par des treillis, les jardins sont soignés et assez bien disposés, les trottoirs et les chemins avoisinants sont propres et tout excrément d'animaux est enlevé à peu près régulièrement.

    Bref on peut dire que les alentours de la ferme sont bien soignés.

     On peut dire que l'alimentation du cultivateur est en progrès au point de vue de la propreté, de la variété et de la richesse.
    Les cultivateurs prennent une alimentation variée, saine et substantielle cinq fois le jour. Le pain, les pommes de terre, la viande mais surtout celle de cochon, les œufs et les légumes sont leurs aliments favoris. Le potage est un peu mieux connu et mieux préparé, ils aiment aussi le gibier que leur chien de berger ne manque pas de leur rapporter.

    L'eau est leur boisson favorite, peu nombreux sont ceux qui font un usage régulier de la bière. Mais rares sont ceux qui ne possèdent pas quelques litres de fine et un peu de vin, voire même une barrique.

    On ne peut donc nier tous ces progrès, surtout lorsqu'on consulte les bons vieux villageois qui vous disent qu'il y a 60 ans, un boucher seulement était installé à Saint-Gérard, village voisin, et pour toute la région ; chaque samedi on le voyait venir allègrement avec une hotte, il servait troisclients puis s'en retournait. Quel contraste ? Actuellement troisbouchers sont installés dans notre village et trois autres viennent encore chaque semaine y débiter une partie de leurs marchandises. Plusieurs marchands de légumes viennent aussi chaque semaine nous vendre leurs produits bien frais et leurs fruits exotiques.

     Néanmoins il reste encore des progrès à réaliser surtout quand à la préparation des aliments, quand à la culture rationnelle du jardin et à la conservation des légumes. Le système "Week" qui procure de si douces choses et à bon compte aux ménagères soigneuses est encore méconnu de nos fermières. Espérons et souhaitons que le siècle de lumière les éclairera.

     Logement.

     Si parfait soit-il, il y a des améliorations possibles à réaliser au logement des cultivateurs et ceci au fur et à mesure de l'extension de la culture et du nombre des membres de la famille. Il est un fait que la plupart ont fait transformer leurs habitations, mais j'estime que trop souvent encore le corps de logis est trop restreint, "transformer n'est pas agrandir", et c'est ce qu'on peut leur reprocher.

    Si on leur parle de bâtir on se heurte a ce qu'ils appellent des impossibilités, ils estiment que le coût en est trop élevé.

    Je conclus que les pouvoirs publics, soit par conférences ou par tracts devraient inciter à construire, et octroyer des primes dans certains cas.

     Environs.

     La première amélioration à réaliser ici serait d'éloigner davantage la fosse à fumier de l'habitation.

    Le jardin n'est pas non plus ce qu'il devrait-être comme nous le verrons plus loin.

     Alimentation.

     Si la préparation des aliments laisse encore à désirer en voici les raisons :

    1. Le peu de connaissance de l'art culinaire,

    2. La culture irrationnelle du potager,

    Ici je blâme amèrement les habitants des deux sexes qui pouvaient trouver les connaissances suffisantes pour remédier à leur incompétence, et ceci sans frais et sans déplacement.

    En effet une école ambulante de cours ménagers est venue s'installer à Bioul il y a 7 ans et depuis de longues années des conférences horticoles se donnent régulièrement. Qu'y voit-on à ces dernières ? Deux ou trois cultivateurs et une trentaine d'ouvriers ; on croirait que le jardin est une chose tout à fait secondaire pour les premiers.

     Pour remédier à cet état de choses il faudrait à mon avis amener les jeunes filles à suivre plus assidument les cours postscolaires ménagers dominicaux qui sont créés dans l'école des filles ; il serait nécessaire au préalable de les persuader par quelques conférences de la nécessité et de l'importance future d'une telle institution.

    La réorganisation des concours de jardins et les expositions de légumes et de fruits conduits, jadis avec tant de maîtrise par notre dévoué instituteur M. LEONARD, auraient encore aujourd'hui d'heureux résultats si pas directs du moins par ricochet chez les cultivateurs, qui certainement se mettraient à la remorque des horticulteurs en herbe.

     Locaux mis à la disposition des ouvriers agricoles.

     Les ouvriers agricoles comme il a été dit tendent à disparaître totalement, ils sont remplacés par les personnes temporaires qui travaillent à la journée.

    Par conséquent il reste actuellement à la ferme un vacher et un valet (nom donné au domestique qui s'occupe des écuries). Dans la commune une seule ferme occupe encore ces deus domestiques, ils sont logés respectivement à l'étable et à l'écurie. Leur lit est composé de quelques planches attachées au mur. La servante, quand le fermier peut en conserver une, est logée confortablement dans des locaux de la ferme.

       Plans de fermes typiques.

    Monographie agricole de Bioul par Marcel PINON. (6)

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    Monographie agricole de Bioul par Marcel PINON. (6)

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    Monographie agricole de Bioul par Marcel PINON. (6)

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    Monographie agricole de Bioul par Marcel PINON. (6)

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