• On ne promena point le bœuf gras hier, à travers les rues de Paris. Et pour cause.

    Peut-être, en tue-t-on un ou deux dans quelque abattoir clandestin - car, en cette époque de grande pénitence, les meilleures traditions ne se perpétuent guère qu'au marché noir - mais à la Villette, hélas ! On n'occis plus que des vaches squelettiques.

    Ce fut donc un jour comme les autres. Tout au moins sur le plan alimentaire. Tables dégarnies, assiettes vides. Certains débrouillards, toutefois, réussirent à faire des crêpes.

    Avec ou sans œufs. Plutôt sans...

    Quant aux masques, on n'en vit pas beaucoup sur les boulevards. Les Parisiens, qui pataugeaient dans la neige fondue, cherchèrent vainement, dans la foule, Colombines et Pierrots. Ceux-ci semblaient s'être déguisés en courants d'air...

    Il y eut pourtant, le soir, des bals costumés où les couples se trémoussèrent jusqu'à l'aube.

    La jeunesse française, malgré tout, ne perd aucune occasion de danser.

    Même, au besoin, devant le buffet.

    Roger SALARDENNE.

    (Texte extrait du journal "Le Parisien libéré" paru le mercredi 6 mars 1946).

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  • Mais Mardi-Gras est mort, comme aussi Carnaval qu'il terminait.

    Il n'y a plus guère que les enfants qui continuent à s'affubler de masques. Les grandes personnes se trouvant peut-être assez grotesques sans cela ...

    Il n'y a pas si longtemps qu'on promenait encore le Bœuf Gras dans Paris. Les bouchers et les blanchisseuses lui faisaient alors un cortège triomphal, car (on ne sait pourquoi), ce furent les corporations qui restèrent le plus longtemps fidèles aux traditions.

    Carnaval, c'était le temps où tout le monde avait la bougeotte. C'était le temps où les humbles devenaient puissants, et pour cela se déguisaient.

    On escortait les processions : à Paris, le Renard et le Bœuf Gras ; à Reims, le Hareng (en ce temps-là le hareng était encore un mets de carême)... Dans le Midi, on promenait la Tarasque et le Pailin ; à Rouen la Gargouille, à Poitiers la Grand'-Goube.

    Il y avait des royautés éphémères : le roi des Ribauds, le pape Gai, chef des fous d'Avallon, et la Mère-Folle de Dijon dont l' "Infanterie Dijonnaise" ne comprenait pas moins de 500 personnes, et n'y entrait pas qui voulait : Il fallait montrer sa folie ...

    Tout nouvel admis devait alors prêter ce serment : "Je jure de toujours tenir le verre en main et de ne faire la guerre qu'aux levrauts, aux pots et au bon vin."

    Preuve qu'alors le Carnaval n'était pas aussi fou qu'on voudrait nous le faire croire...

    Y. D.

    (Texte extrait du journal "L' Œuvre" paru le mardi 22 février 1944).

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  • Ainsi que nous en faisions état dans un autre article, une messe en wallon a ouvert les festivités du centième anniversaire de la Fédération Namuroise de l'Union Culturelle Wallonne.

    Parallèlement, les paroissiens d'Anhée fêtaient en 1995, le 150e anniversaire de leur église Saint-Martin, qui, pour la circonstance, avait été ornée de fleurs, de guirlandes et autres décorations par une équipe de bénévoles et d'enfants.

    L'abbé DUSSART, curé de la paroisse et Pol LÉONARD, diacre, ont célébré une messe en dialecte local, en présence du bourgmestre, Luc PIETTE, des échevins et conseillers, des membres de la fabrique d'église et des dirigeants de l'Union Culturelle Wallonne.

    La chorale réputée "Les Chanteurs du Rail", dirigée par Jean DENISON, a empli le sanctuaire de son répertoire varié et copieux.

    Le chant d'entrée interprété en wallon, était un hommage à Dieu et ainsi rédigé :

    "Nos v'nans, Sègneûr, è vosse maujone, po r'trouvè l'djôye di nosse djônnèsse. Vos qu'a fait to, li cièl èt l' tère. Vos tout seû, vos p' loz nos chaper". (*)

    L'homélie parfaitement concoctée, et débordant d'humour a soulever l’hilarité de l'assistance à plusieurs reprises.

    L'abbé DUSSART a été congratulé pour ses 20 ans de sacerdoce, un cadeau lui a été offert en souvenir à l'issue de l'office

    Dans le cadre de ce jubilé, diverses activités avaient été prévues comme un voyage à Lisieux les 21 et 22 juillet, en septembre la paroisse a rendu hommage à Saint-Stamp et les 11 et 12 novembre, des expositions ont été réalisées.

    (*) traduction en français : "Nous venons, Seigneur, en votre maison, pour retrouver la joie de notre jeunesse. Vous qui avez fait le Ciel et la terre. Vous seul, vous pouvez nous sauver".

    Anhée - Messe en wallon au 150e anniversaire de l'église.

    Photo extraite du journal "Vers l'Avenir" du samedi 1er et dimanche 2 juillet 1995.

    Le diacre, Pol LÉONARD avec, en arrière-plan, la chorale "Les Chanteurs du Rail".

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  • En juin 1995, Anhée accueillait le début des festivités du centième anniversaire de la Fédération Namuroise de l'Union Culturelle Wallonne par le festival annuel d'art dramatique wallon, avec la participation de quatre troupes d'acteurs.

    Depuis 1895, le dialecte wallon est valorisé par divers groupements ayant à cœur d'écrire ou de mettre en scène des pièces de théâtre.

    Pour fêter ce centenaire, la Fédération Namuroise Wallonne a mis les bouchées doubles pour organiser à l'automne, un grand spectacle dialectal qui réunira diverses troupes de la région wallonne.

    C'est à Anhée qu'a été lancé le début des festivités en la salle "Dieu et Patrie", d'abord par une messe en wallon en l'église paroissiale (nous y reviendrons plus tard dans un autre article), suivie par le traditionnel festival annuel d'art dramatique wallon.

    Quatre troupes de la province de Namur au renom certain ont interprété chacune une pièce en un acte. Toutes quatre, ont étalé un tel talent que le public fut émerveillé par la richesse du langage de notre région.

    Les quatre troupes et leur pièce en un acte.

    • "Les Amis de la Paix", de Bois-de-Villers, dans "Adrien" de Michel ROBERT.
    • "La Chanterie" de Belgrade, dans "Quai numero onk" de Roger DUHAUTBOIS.
    • "L'Union Warnantaise", de Warnant, dans "Sins Courant" de Roger DUHAUTBOIS.
    • "L'Avenir", d'Anhée, dans "Gabrielle est bizéye" de Guy LAFORGE (adaptation d'André BAILLOT).

    Au terme des quatre représentations, M. Jules GOFFAUX, président de la Fédération, a remercié le public pour sa fidélité et félicité les acteurs pour leur talentueuse interprétation. Il a aussi mis en exergue la parfaite organisation du festival déployée par le comité local.

    Avant de clôturer la séance par de vibrants "Bia Bouquet" et "Li Tchant des Wallons", les membres du Conseil d'Administration ont remis un trophée-souvenir aux troupes participantes et fleurit les dames.

    Les quatre photos ci-après sont extraites du journal "Vers l'Avenir" du jeudi 29 juin 1995.

    Anhée - Prélude au Centenaire de la Fédération Namuroise Wallonne.

    "Les Amis de la Paix" de Bois-de-Villers.

    Anhée - Prélude au Centenaire de la Fédération Namuroise Wallonne.

    "La Chanterie" de Belgrade.

    Anhée - Prélude au Centenaire de la Fédération Namuroise Wallonne.

    "L'Union Warnantaise" de Warnant.

    Anhée - Prélude au Centenaire de la Fédération Namuroise Wallonne.

    "L'Avenir" d'Anhée.

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  • Excédés par la reprise des activités sur le site de la carrière DEBRAS à Besinne dont les riverains estiment ne pas être autorisées, ceux-ci entendent réclamer devant le Tribunal des Référés de Namur, sa fermeture de l'exploitation. L'audience était fixée au jeudi 29 juin 1995.

    Le conflit se trouve ainsi relancé par ce nouveau dossier que la justice doit trancher. Il appartient aux avocats Me HÉGER et Me HUMBLET, mandatés par 70 requérants, de recourir devant la justice à la fermeture de la carrière.

    Certes, le conflit existe depuis longtemps, mais cet épisode concerne une reprise d'activité engendrant un autre dossier.

    Naguère, la carrière extrayait la pierre pour la façonner en pierre de taille, les nuisances restaient supportables. Lorsqu'il eut s’agit de pierres dites de déblais qui constituaient 90% de la production, l'activité du site a connu une importante recrudescence estimée à 100% selon les deux avocats défenseurs des riverains. Assez bizarrement, c'est une société immobilière dénommée "Eurimmo" qui est titulaire de la concession pour les pierres de déblais. Cette société de Dison a confié à l'entreprise S.A. Simon MATHIEU de Pepinster, l'extraction, le criblage et le transport des pierres jusqu'en Hollande pour le renforcement des berges,

    Le Tribunal des Référés de Namur était présidé par Me Christian PANIER auquel Me HUMBLET a rappelé que préalablement à ce contrat, la direction de la carrière projetait d'installer, lui aussi, un concasseur, mais que le permis d'exploiter lui avait été refusé par la Députation Permanente. Devant cette interdiction, elle se tourna vers le sport, et plus précisément, la création d'un terrain pour véhicules 4x4. De nouveau, son projet s'est trouvé devant une fin de non-recevoir par les autorités compétentes, pour les mêmes raisons, les nuisances.

    Le conflit entre les riverains et la direction de la carrière est du même gabarit, nuisances dues au charroi important des camions, atmosphère altérée par la poussière et le bruit, voirie envahie par la boue en cas de pluie. Mais encore, après l'incident du tir de mines "surdosé" du 19 avril 1995, avec des projections tous azimuts de grosses pierres, la sécurité des abords de la carrière est devenue aléatoire.

    Selon la défense des riverains, une seule chose apparait, l'opération était strictement spéculative de la part d'une "société purement immobilière".

    La direction de la carrière DEBRAS a fait choix de Me BOUILLARD pour sa défense. Bien sûr, son rôle était de minimiser les arguments avancés par les riverains. Il s'étonnait d'ailleurs d'un tel acharnement envers une si petite entreprise, il n’y avait aucune concordance entre l'image que s'est faite la partie adverse et la réalité de la situation. Il a critiqué la façon de faire, car une telle requête en urgence ne se justifiait pas, les problèmes évoqués existant depuis plusieurs mois. Et pour abrégé les débats il a suggéré au président à se rendre sur place pour se faire une idée du litige qu'il est appelé à trancher.

    La société immobilière "Eurimo" avait délégué l'avocat, Me LEMAIRE, Celui-ci a apporté le témoignage que les riverains n'en veulent pas d'un comité d'accompagnement et que d'autre part, le concessionnaire a fait de son mieux pour améliorer la situation, allant jusqu'à faire l'acquisition d'un camion-balais pour le nettoyage de la voirie. Pour lui, une telle procédure était superflue.

    Pour l'entreprise sous-traitante S.A. Simon MATHIEU, Me GARTHOYSE tient à préciser que cet engin de nettoyage n'a pas été acheté par "Eurimmo", mais bien par la société Simon MATHIEU. Cette mise au point laisse apparaître la discorde existant entre la société immobilière et son sous-traitant. Pour preuve, la seconde a assigné en justice la première pour la résiliation du contrat qui les liait.

    La société Simon MATHIEU estime avoir été leurrée par les tonnages prétendus atteints par "Eurimo", et qui plus est, n'a jamais soufflé mot du conflit de voisinage que pouvait engendrer une telle activité.

    Le président, Me PANIER, a reporté l'ordonnance au 19 juillet 1995.

    (D'après un reportage signé Dominique VELLANDE paru dans le journal "Vers l'Avenir" du vendredi 30 juin 1995.)

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