• 1914-1918 : La Bataille de l'Yser, jour après jour.

    La bataille de l'Yser a débuté le 16 octobre. Ce jour-là, la tête de pont de Dixmude fut attaquée pour la première fois. En réalité, les Allemands exécutaient à cette date, ainsi que le prouve un radiotélégramme intercepté, une reconnaissance offensive à l'effet de se rendre compte de l'occupation de l'Yser.

    L'armée belge, avec une brigade de fusiliers-marins français (celle-ci sans artillerie), était chargée de la défense du cours d'eau.

    Le 17, les premiers obus tombent sur toute l'étendue du front (positions avancées) occupé par l'armée belge.

    Le 18, marque le début de l'action violente que les Allemands poursuivront jusqu'au 30 octobre. Du côté de Dixmude rien ne se produit dans cette journée, mais des attaques sévères se déclenchent sur tout le restant du front. Dans l'après-midi, après une lutte opiniâtre, les troupes avancées de la I.D.A. à Mannekensvere et de la 4.D.A. à Keyem, doivent céder sous le nombre. Dans la nuit du 18/19, la quatrième division belge exécutant une contre-attaque, reprend Keyem à l'ennemi et réoccupe toutes ses positions.

    Le 19, l'attaque redouble d'intensité. A Lombartzyde, trois assauts successifs sont brillamment repoussés par la 2e division. Sur le front de la 1re division, l'ennemi borne son action à une canonnade intense. Du côté de la 4e division, Beerst est enlevé et Keyem violemment attaqué par l'infanterie adverse. Afin de dégager le front de la 4e division, ordre est donné aux fusiliers-marins français et à la 5e division belge, de sortir de Dixmude et de contre-attaquer sur le front Beerst-Vladsloo et le Praet-Bosch. A la tombée de la nuit, l'attaque a progressé : les lisières sud de Beerst et le village de Vladsloo sont en notre pouvoir. Mais à ce moment on apprend l'arrivée, vers Roulers, de forces ennemies considérables. Force est de donner aux fusiliers-marins et à la 5e division belge, l'ordre de réoccuper leurs positions du matin. Dans la nuit du 19/20, Keyem est repris par l'ennemi.

    ********************************

    Le 20, les Allemands inondent nos positions de projectiles de tous calibres. Dès le début de la journée, ils poussent une forte attaque sur le front de la 2e division et enlèvent la ferme Bamburg, mais ils n'y restent qu'un instant. Une énergique contre-attaque les bouscule, et les Belges réoccupent la ferme ; le soir, cependant, les positions avancées de ce côté doivent être abandonnées. Une attaque poussée sur Dixmude est rejetée avec grosses pertes. Ce point était défendu par une brigade belge et la brigade française de fusiliers-marins, renforcée par de l'artillerie belge. Sur le restant du front aucune troupe d'infanterie ne cherche à percer. L'ennemi espère visiblement écraser nos positions par le seul effet de son artillerie. Dans la nuit du 20/21 le bombardement continue toujours avec violence ; une nouvelle tentative est faite sur Dixmude, mais sans plus de succès.

    Le 21, dès la première heure, les Allemands se jettent à nouveau sur la tête de pont de Dixmude : ils sont encore repoussés. A 17 heures, les Allemands attaquent en même temps Dixmude et le passage de Schoorbakke, mais ils échouent sur les deux points. A la tombée de la nuit, une double attaque est menée sur la tête de pont de Dixmude et sur les tranchées qui bordent l'Yperlée. Cette nouvelle tentative ne sert qu'à marquer un nouveau succès pour nos troupes.

    Mais nos soldats n'ont cessé de combattre depuis Anvers et leur épuisement est grand.

    Le 22, les Allemands attaquent Tervaete et parviennent à prendre pied sur la rive gauche de l'Yser. Une première contre-attaque menée par les troupes de la 1re division belge échoue, mais elle est bientôt suivie d'une seconde qui rejette les Allemands dans l'Yser. Toutefois, ces troupes sont à la merci d'un nouveau retour offensif que l'ennemi porra exécuter avec des forces fraîches. Dans la nuit du 22/23, l'attaque redoutée se produit et Tervaete reste aux mains des Allemands.

    ********************************

    Le 23 intervient le premier renfort français. La 42e division s'engage vers Nieuport, mais le tir de l'ennemi est si violent que cette division ne peut que traverser lentement, les ponts de la ville : le soir, elle arrive à hauteur de la ligne Bamburg-Lombartzyde où elle relève les troupes de notre 2e division. Cependant la situation devant le front des 1re et 4e division belges s'est aggravée. L'ennemi a fait passer des forces importantes sur la rive ouest de l'Yser et, dès le matin, reprenant son mouvement en avant, il rejette nos troupes qui, reculant lentement sous sa pression, occupent le soir une position de repli créée en arrière de la boucle que fait l'Yser entre Schoorbakke et Tervaete. Mais l'effort fait le 23 a achevé d'user nos forces. L'intervention de troupes fraîches s'impose. Ce seront des troupes de la 42e division française qui, pendant les journées suivantes, aideront puissamment nos troupes à refouler définitivement l'ennemi.

    Dans la nuit du 23/24, l'ennemi dirige sur Dixmude quatorze attaques qui sont brillamment repoussées par les Belges et les fusiliers-marins français.

    Du 23 au 30, les Belges, soutenus par la 42e division, les fusiliers-marins et quelques bataillons de territoriaux défendirent pied à pied le terrain compris entre l'Yser et la ligne ferrée Nieuport-Dixmude, ligne que, malgré ses efforts désespérés l'ennemi ne parvint pas à conquérir. Ayant réussi à occuper le village de Ramscapelle, à l'ouest du chemin de fer, il en fut définitivement refoulé le 31 par une contre-attaque vigoureuse menée par des bataillons de la 42e division française, de la 2e division belge et par des fractions de la 3e.

    Les progrès de l'inondation obligèrent bientôt les Allemands à abandonner presque complètement le terrain à l'ouest de l'Yser, dont la conquête si éphémère leur avait coûté tant de pertes.

    ********************************

    Ainsi, du 17 au 23 octobre, les troupes belges, avec l'appoint d'une brigade de fusiliers-marins français, résistent seules à la poussée allemande. Du 23 au 30, elles continuent la lutte de Nieuport à Dixmude, grâce à l'appoint d'une division française.

    En donnant aux troupes amies le temps d'intervenir, cette armée, qui n'avait cessé de combattre pendant deux mois et demi, cette armée, qui n'avait pas disposé d'un seul jour pour sa réorganisation après son habile retraite d'Anvers, a rendu un nouveau et précieux service à la cause des Alliés.

    La bataille de l'Yser a été pour elle un incontestable succès, mais combien durement acheté ! L'armée belge, dans sa résistance héroïque sur l'Yser, a perdu le quart de son effectif. Les Allemands ont fait des pertes de beaucoup supérieures. Ils abandonnèrent sur le terrain de la lutte leurs morts et leurs blessés, quantités d'armes et de munitions et deux pièces de gros calibre qu'ils avaient porté à l'ouest de l'Yser et qui furent ramenées par la 1re division.

    (Texte extrait du journal "Le Courrier de l'Armée" du 1er décembre 1914.)

    °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

    « 1914-1918 : L'armée Belge arrête les Allemands sur l'Yser.1914-1918 : Sur l'Yser - Préparatifs de Bataille. »

  • Commentaires

    1
    Lorenzi
    Mercredi 3 Avril à 11:40

    Bonjour,

    Je suis à la recherche de renseignements sur mon grand oncle, Dominique Camilli, mort le 28 décembre 1914, "tué àl'ennemi", à Lombertzyde selon sa fiche du registre matricule. Mais je comprends que cette bataille s'est terminée en octobre 1914. Pouvez-vous m'éclairer sur ce point?

    Merci. 

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :