• Au sud de Berlin, les Russes passent la Sprée.

    Leipzig entièrement conquis.

    L'estuaire de la Gironde complètement dégagé.

    * * * * * * *

    Tandis qu'à l'Est l'offensive de l'armée rouge n'est pas loin d'atteindre son point culminant, à l'Ouest, la poussée alliée semble marquer un temps d'arrêt. Ainsi que l'a déclaré hier le général BRADLEY, la première phase de l'offensive des forces anglo-américaines est terminée et seules se poursuivent encore des opérations de nettoyage qui permettront bientôt aux Alliés d'aligner tous leurs groupes d'armées sur l'Elbe, qui semble devoir être dans la plupart des secteurs le point de rencontre des deux fronts.

    Leipzig est tombé.

    Après quelques jours de combat seulement l'importante ville de Leipzig a été prise par les forces du général HODGES, qui déjà l'ont largement dépassée et poussent en direction de l'Elbe. Plus au sud, les forces de PATTON ont également débordé Leipzig, se dirigeant vers Dresde à la rencontre des troupes de KONIEV, qui ont remporté hier de très brillants succès. En effet, les Russes, partis de la région de Goerlitz, ont couvert plus de 60 kilomètres pour atteindre les abords de l'historique ville de Bautzen. Leurs avant-gardes sont ainsi à 70 kilomètres environ des troupes de PATTON. Dresde est menacé d'un encerclement prochain.

    Devant Berlin.

    Tandis qu'à l'ouest les Américains n'ont pas dépassé l'Elbe, à l'exception de la tête de pont qu'ils ont établie sur la rive droite du fleuve, au sud de Magdebourg, et qu'ils tentent actuellement d'élargir malgré de vives réactions de la Wehrmacht, à l'est, par contre, la double offensive déclenchée par les maréchaux JOUKOV et KONIEV semble, aux dires des radios allemande et américaine, être proche de son point culminant. Dans le secteur situé de part et d'autre de Kustrin, les Russes ont gagné du terrain en direction de la capitale au prix d'assauts massifs. Selon l'agence D.N.B., les forces de JOUKOV se seraient emparées de Wriezen, au nord-ouest de Kustrin, et plus au sud, après avoir largement dépassé Seelow, se sont engagées sur l'autostrade menant à Berlin. Leurs pointes avancées ne seraient plus qu'à une trentaine de kilomètres de la capitale. Au sud-ouest de Seelow, Müncheberg a été atteint. On se bat toujours dans Francfort et les Allemands avouent qu'ils ont dû évacuer la partie de la ville se trouvant sur la rive droite de l'Oder, perdant ainsi leur dernière tête de pont sur le fleuve.

    De son côté, le maréchal KONIEV, qui s'est emparé de Frest au sud de Francfort, a dépassé Cottbus par le sud et a franchi la Sprée en plusieurs points. Spremberg, au-delà de la Neisse, a été occupé.

    MONTGOMERY devant Hambourg.

    La IIe armée britannique mène actuellement plusieurs opérations, dont la plus importante semble, pour l'instant, être l'attaque dirigée contre Hambourg. Aux dernières nouvelles, on apprenait que les faubourgs du grand port avaient été atteints par les blindés alliés tandis que plus au sud d'autres formations, après s'être emparées de Lunebourg, ont poussé vers l'Elbe, qu'elles ont franchi, et se dirigeant, ainsi, à la rencontre des formations de ROKOSSOVSKY massées dans la région de Stettin.

    En Tchécoslovaquie.

    Les Américains et les Russes pénètrent de plus en plus profondément en territoire tchécoslovaque. Au nord-ouest, PATTON accentue sa poussée à travers la forêt de Bohême se dirigeant vers Pilsen et Prague. A l'est, l'armée de MALINOVSKY combat aux abords de Brno après s'être emparée du champ de bataille d'Austerlitz.

    Au nord, KONIEV avance lentement malgré une furieuse réaction ennemie en direction de Moravska-Ostrava sur une ligne est-ouest, passant à la hauteur de Troppau (Opaya).

    En Bavière, la VIIe armée américaine termine le nettoyage de la ville historique de Nuremberg aux trois-quarts détruite et continue sa progression en direction de Munich, de Ratisbonne, pour rejoindre les troupes de TOLBOUKHINE avançant vers Linz, dans la vallée du Danube. Les Russes épaulent cette offensive par une puissante poussée à travers les Alpes au sud de Saint-Poelten.

    De son côté la 1re armée française a remporté de nombreux succès sur tout l'ensemble du front malgré une résistance toujours vive. Dans le Wurtemberg, le Neckar est bordé sur plus de 30 kilomètres tandis que la transversale Strasbourg-Tubingen par Hachern et Freudenstadt est entièrement aux mains de nos troupes. Stuttgart, abandonné par les autorités nazies, est l'objectif immédiat du général de LATTRE de TASSIGNY.

    Fin des opérations dans l'estuaire de la Gironde.

    Un ordre du jour du général de LARMINAT, commandant les forces terrestres dans le secteur d'opérations de la Gironde, annonce que les forteresses de Royan et de la pointe de Grave ont été conquises après une lutte acharnée. Dix mille prisonniers sont tombés aux mains de nos soldats.

    Dans un second ordre du jour, le général de LARMINAT se félicite de l'excellent esprit de coopération qui a régné.

    MARS.

    (Texte intégral extrait du journal "Le Parisien Libéré" paru le vendredi 20 avril 1945).

    1940-1945 - La situation sur tous les fronts le 20 avril 1945.

    Document du "Service cartographique. Parisien Libéré" paru dans le journal "Le Petit Parisien Libéré " le vendredi 20 avril 1945.

    L'étau se resserre inexorablement sur ce qui reste du Reich.

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  • Du convoi de la mort au camp d'extermination par René MILLIENNE.

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    Comme nous avons eu récemment la joie de l'annoncer, notre ami René MILLIENNE, co-directeur du Parisien Libéré, est de ceux qui, après plusieurs mois de déportation, ont définitivement échappé à la tourmente. Sa santé est, hélas ! moins bonne que nous voulions l'espérer et il se trouve actuellement en traitement dans un hôpital à Spire.

    Aussitôt connue cette nouvelle, notre correspondant de guerre, Jacques FANO, a tout fait pour rejoindre René MILLIENNE et a eu le privilège de passer quelques instants avec celui-ci qui lui a confié certains souvenirs des épreuves qu'il a endurées depuis neuf mois.

    * * * * * * *

    Où partons-nous ? Va-t-on nous fusiller ? Sans air et sans lumière, empilés à 150 en wagons à bestiaux, nous attendons immobiles. Les SS nous avaient aidés à monter à coups de pied et à coups de schlague. Nous sommes 2.500 qui avons quitté Compiègne le 2 juillet par ce convoi qu'on a appelé plus tard le "convoi de la mort". Jusqu'à notre départ, nous avions espéré en l'avance des Alliés. Mais les Allemands ont décidé de nous emmener vers l'Est.

    Le train s'ébranle vers 8 heures du matin : il fait déjà très chaud ; je sais que les camarades du convoi sont presque tous des résistants. Il y a aussi quelques otages. Au cours de la matinée, la chaleur devient suffocante, nous enlevons tous nos vêtements et nos corps nus ruissellent de sueur ; les moins solides s'évanouissent, tombent à terre et sont piétinés par les autres. Au cours de l'après-midi, une scène atroce se produit : le train s'arrête à Reims à 4 heures et la chaleur dans les wagons est telle que plusieurs parmi nous deviennent fous ; ils se mettent à hurler et les gardes SS déchargent quelques rafales de mitraillettes dans les wagons pour rétablir l'ordre. Ne pouvant plus supporter leurs souffrances, certains demandent à leurs camarades de les tuer, d'autres se suicident ; lorsque le soir arrive et que repart le convoi, près du tiers des prisonniers agonise sur le plancher dans l'urine et les excréments. Nous restons avec nos morts pendant plus de vingt-quatre heures.

    Le lendemain les SS font transporter les cadavres dans des wagons séparés et nous remontons dans le train. Nous sommes un peu moins serrés qu'au départ : 900 d'entre nous sont morts au cours du voyage.

    Le martyre de Dachau.

    C'est à Dachau qu'on nous a emmenés, une des citadelles du pays des barbares. Quelques centaines de SS surveillent 3.000 hommes en tenue de forçats. On travaille de 12 à 14 heures par jour, sans presque recevoir de nourriture.

    Sur la porte du camp, on peut lire cette lugubre et cynique inscription : "Ici, on entre par la porte et on sort par la cheminée". Plus de 100.000 détenus, en effet, ont été incinérés à Dachau.

    Arrivés le 5 juillet, nous sommes dépouillés de tous nos vêtements, de nos papiers, de nos bijoux et on nous rase la tête. Le camp est plein à craquer et il nous faut attendre plusieurs jours avant de toucher les uniformes rayés que portaient, peu avant, ceux dont on vient d'incinérer les cadavres : c'est le 20 juillet que je deviens "zèbre" et quelques jours plus tard c'est le départ pour un commando d'extermination.

    Avant mon arrivée à Dachau, je croyais avoir quelque idée de la barbarie nazie, mais je ne connaissais pas tout. Je n'avais encore jamais vu de "capo". Le "capo", chef de chambre ou chef de commando, est un détenu qui pour tenter de sauver sa vie accepte de devenir le garde chiourme et le tortionnaire de ses camarades. Je n'ai connu qu'un seul "capo" français, les SS, par sadisme, aiment à avilir l'âme humaine et leur haine est particulièrement vivace à l'égard du Français, parce que celui-ci sait rester un homme malgré les pires supplices.

    A peine est-on sur le chantier que le "capo" organise le massacre. Il fait dévorer les hommes par des chiens ou même oblige les détenus à se battre jusqu'à la mort. Quelquefois, les gardes SS terminent le travail à coups de mitraillette : c'est à Dachau que j'ai compris que la peine de mort n'étant pas suffisante pour maintenir la terreur, les nazis avaient cherché à créer sur terre un enfer dont les détenus étaient vraiment à leurs yeux des damnés.

    R. M.

    (Texte intégral extrait du journal "Le Parisien Libéré" paru le vendredi 20 avril 1945).

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  • Le procès du général DENTZ commence aujourd'hui devant la Haute Cour de Justice.

    Après l'amiral ESTEVA, c'est le général DENTZ qui va être jugé par la Haute Cour de Justice, en trois audiences que dirigera M. MONGIBEAUX, premier président de la Cour de Cassation, et dont la première s'ouvrira aujourd'hui même.

    Lorsque l'ancien préfet de police Jean CHIAPPE eut disparu en Méditerranée, alors qu'il se rendait en Moyen-Orient sur l'ordre du maréchal PÉTAIN, l'on songea, à Vichy, au général DENTZ pour occuper le poste de haut-commissaire de France en Syrie, car il avait, jadis, accomplit au Levant d'importantes missions diplomatiques et militaires aux côtés de SARRAIL et de WEYGAND.

    Fernand DENTZ entra en fonction au début de 1941.

    Quelques mois plus tard survinrent en Irak des troubles dont les auteurs camouflés n'étaient autres que des Allemands, qui demandèrent bientôt à Vichy l'usage des aérodromes de Syrie et du Liban.

    Et c'est ici que l'accusation fera entendre sa voix, pour reprocher au général DENTZ d'avoir favorisé les entreprises de l'ennemi en lui prêtant son concours et plus tard d'avoir combattu les troupes franco-anglaises qui, remontant du sud, s'infiltraient dans les couloirs du Liban.

    La défense, représentée par Ms Alcide DELMONT et de VESINNE-LARUE, a fait citer de nombreux témoins, notamment P.-E. FLANDIN, ancien président du conseil.

    (Texte intégral extrait du journal "Le Figaro" paru le mercredi 18 avril 1945).

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    DENTZ qui fit tuer des Français par des Français.

    On a eu le temps d'entendre tous les témoins (il n'en vint que la moitié) et le réquisitoire du procureur général MORNET, le moins que l'on pouvait dire à l'issue de cette deuxième audience, c'est que les deux avocats du général DENTZ auront fort à faire aujourd'hui.

    C'est d'outre-tombe que parvient le témoignage du général COLLET, mort trois jours avant le procès. Le procureur général lit la déposition faite par le héros légendaire de Syrie à l'instruction : DENTZ laissa donner l'ordre de tirer sur les plénipotentiaires du général CATROUX.

    MM. GAUDILLIÈRE et TÉZÉ (officiers en disponibilité) furent envoyés par DENTZ pour solliciter à Vichy l'autorisation de demander un armistice.

    "Il faut traiter, leur dit PÉTAIN hypocrite, je veux m'occuper de cela. J'en parlerai à DARLAN".

    Quel ne fut pas leur étonnement, en assistant au conseil des ministres, de constater que DARLAN voulait au contraire envoyer le croiseur "Primauguet" et des renforts pour continuer un combat d'autant plus impossible qu'il fut engagé, d'après les aveux du témoin suivant, ancien officier d'ordonnance de DENTZ, avec un armement périmé.

    M. MORNET - À la même époque, l'accusé réclamait l'aide des "Stukas" !

    Pour le général HERIN, DENTZ est incapable d'une vilénie. Que pense-t-il alors du maréchal PÉTAIN ? L'ancien gouverneur militaire de Paris réserve sa réponse pour le jour où le procès aura lieu. Encore quelques témoignages de moralité sans importance et le procureur général se lève.

    Il parlera de "la politique des coups de poignard dans le dos de l'allié que n'a cessé de pratiquer le maréchal PÉTAIN parce que c'est son tempérament". Il lira des télégrammes de DENTZ, témoins-massue, réfutera la thèse de l'obéissance quand elle profite à l'ennemi.

    - Qu'allez-vous faire de cet homme ? Vous avez fait à ESTEVA une aumône qui lui a valu la vie parce qu'il avait libéré des patriotes à l'arrivée des Allemands. Dans le dossier DENTZ je ne trouve rien de semblable. Et après avoir lu l'adieu aux troupes d'Orient, document germanophile, et un rapport au général LAURE révélateur de ses sentiments collaborateurs.

    - Je prends mes responsabilités. Je vous demande d'infliger à DENTZ la peine la plus élevée de l'échelle, celle que la Nation inflige à ses enfants qui ont trahi.

    L'accusé sue à grosses gouttes ; il est soudain devenu blafard. Ses traits sont décomposés. Il n'a pas la maîtrise de l'ex-amiral ESTEVA.

    Alex ANCEL.

    (Texte intégral extrait du journal "Le Parisien Libéré" paru le vendredi 20 avril 1945).

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  • Le dimanche 5 mars 1995, s'est disputé à Warnant, le 14e Enduro Européen de la Molignée organisé par le Moto Club Molignard, le première de la saison FMB.

    Comme en 1994, quelques 475 concurrents se sont inscrits dans les diverses catégories.

    Faut-il encore présenté le redoutable circuit de Warnant qui comptent  environ 55 km ?

    Le programme était le suivant :

    • 1re épreuve - spéciale de plus de 3 km très technique tracée en prairie.
    • 2e épreuve - réservée aux internationaux comprenant quatre tours de circuit.
    • 3e épreuve - pour les juniors  gentlemen sur moto de cylindrée 80 cc, disputée sur trois tours de circuit.
    • 4e épreuve - pour randonneurs et girls sur deux tours de circuits.

    Les inscriptions à 8 h, le contrôle technique à 9 h et le premier départ à 10 h, ont eu lieu au centre de l'épreuve installé en la salle "Union Warnantaise".

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  • Les évènements se précipitent dans la bataille d'Allemagne, et pourtant, au cours des dernières vingt-quatre heures, les forces alliées de l'Ouest n'ont réalisé d'avances très remarquables que dans la moitié méridionale du front, de Leipzig au pays de Bade. Encore, l'information répandue hier après-midi et selon laquelle les forces américaines et soviétiques auraient, d'ores et déjà, réalisé leur jonction du côté de Dresde, n'ont pas été confirmées et semblent prématurées. Si la nouvelle est exacte, il semble, en tout cas, qu'il ne puisse s'agir que d'éléments légers de reconnaissance, opérant très en avant du gros des armées qui se trouvent, d'une part, sur la Mulde et, de l'autre, sur la Neisse, à 150 kilomètres de distance. La nouvelle concernant l'entrée des Anglais à Brême n'a pas été confirmée davantage et aucun progrès nouveau n'a été fait par la 9e armée au-delà de l'Elbe vers Berlin. Quant à l'offensive soviétique, elle bat son plein avec des moyens formidables, mais si les Allemands (qui semblent se défendre plus énergiquement face aux Russes que face aux Alliés de l'Ouest) avouent que des brèches ont été faites dans leurs lignes, Moscou reste muet sur l'évolution de la bataille.

    Les succès les plus remarquables remportés par les Alliés n'ont pas consisté, lundi, dans des gains territoriaux, mais dans les progrès de la destruction des forces armées allemandes. Les Allemands se rendent en masse : 66.167 prisonniers ont été dénombrés dimanche et, lundi la 1re armée à elle seule a capturé 97.180 soldats et officiers ennemis, dont 88.000 dans la poche de la Ruhr.

    Le total des Allemands faits prisonniers dans cette poche est actuellement de 269.000, le total des prisonniers à l'Ouest depuis le 6 juin est de 1.624.000. Une division blindée entière s'est rendue à Iserlohn : les restes d'un corps d'armée, 5.000 hommes et 4 généraux, en ont fait autant en un autre point ; ailleurs encore, 32.000 Allemands sont venus se constituer prisonniers, généraux en tête ; une ville a fait connaître sa reddition par radio. La décomposition des armées allemandes de l'Ouest est donc en cours. D'autre part, l'aviation alliée a remporté un succès sans précédent en détruisant, en une seule journée, 879 avions ennemis, dont 832 au sol. C'est un coup presque mortel pour ce qui subsiste de l'aviation allemande.

    * * * * *

    Sur le littoral nord de la Hollande, les Canadiens ont avancé à l'ouest jusqu'à Harlingen et ont pris pied sur la digue du Zuiderzee. D'autres unités sont à Wiener sur l'Ems au sud de Leer. Les Anglais de la 2e armée livrent de durs combats à 3 km de Brême, et, plus loin à l'est, ont coupé à Soltau la voie ferrée Brême-Berlin, et fait leur jonction à Wittlingen avec la 9e armée.

    A l'est de Barby, les Allemands ont contre-attaqué la tête de pont américaine au delà de l'Elbe, mais n'ont fait que de faibles progrès. Dans la poche de la Ruhr, réduite maintenant à une très petite dimension, les Américains sont entrés dans Remscheid. À 4 km au sud-est de Dessau, sur la Mulde, l'autostrade Berlin-Munich a été coupée. Kœthen a été nettoyé.

    Les Américains en Tchécoslovaquie.

    Selon des informations non officielles, l'assaut contre Leipzig a commencé. Ce qui est sûr, c'est que la ville est pratiquement encerclée, puisque la 3e armée a atteint Wurtzen, à 20 km à l'ouest. Kolditz a été nettoyé, ainsi qu'Altenburg. Nos alliés sont à proximité immédiate de Chemnitz, qu'ils auraient même dépassé, puisqu'on les signale à 48 km de Dresde. Plus au sud, ils sont entrés dans la grande ville industrielle saxonne de Plauen, tout près de la frontière tchécoslovaque, et ont avancé de 8 km, au-delà de la ville. Cette frontière a même été franchie encore un peu plus au sud, à la hauteur de Hof, puisque les Américains sont devant Asch, dans le pays des Sudètes.

    On se bat dans Nuremberg.

    Dans le secteur de Nuremberg où l'on s'attendait à une forte défense, la résistance ennemie s'est effondrée, et la 7e armée a pénétré sans grandes difficultés dans la "ville sainte" où avaient lieu les fameux congrès du Parti et où des combats sont en cours. À 13 km au nord-est, Lauf a été atteint, ainsi que Neustadt à l'ouest, et Rothenburg sur la Tauber, au sud de Würzbourg.

    Rapide avance des Français.

    Poursuivant leur avance dans le pays de Bade, en remontant la rive droite du Rhin, les Français sont arrivés devant Lahr. De l'autre côté de la Forêt Noire, dans le Wurtemberg, une autre colonne française, avançant plus rapidement encore, est aux abords de Nagold, à 30 km au sud-ouest de Stuttgart.

    Jacques DARCY.

    (Texte extrait du journal "Le Figaro" paru le mercredi 18 avril 1945).

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